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** Depuis son unification de 1990, le Yémen aura connu trois guerres civiles, celle de 1994, celle commencée en 2011 et l’actuelle, cette dernière dans le contexte d’un monde arabe marqué notamment par les déchirements des soulèvements populaires et les guerres civiles de Libye et de Syrie. ** À l’automne 2014, les Houthistes, communauté chiite descendue du nord, étaient entrés dans Sanaa, ils atteindront même plus tard Aden, ville du Sud où s’installa un moment le gouvernement (après un repli en Arabie Séoudite). Aujourd’hui, on constate le peu de succès de la coalition militaire commandée par Riyad et la confusion politique entre les différentes parties en présence.

Pour y voir un peu clair, des questions simples. Que veulent et que peuvent les Houthistes ? Quels sont leurs appuis ? Quel est le jeu de l’ancien président Saleh ? Pourquoi une telle diversité chez les groupes djihadistes sunnites (État islamique…), plus ou moins autonomes sur le terrain ? Quelle cohésion dans les forces loyalistes ? La coalition est-elle vraiment efficace ?

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L’ONU affirme qu’il y aurait eu 5 000 morts depuis fin mars de cette année.

Th. G.

Yemen's capital Sanaa
Yemen's capital Sanaa
© Reuters

En Somalie , l'inquiétude face à la contagion du terrorisme est extrême. Dans la confusion générale qui règne de l'autre côté du golfe d'Adan, des factions qui évoluent dans la sphère d'Al Qaeda ont depuis quelques mois étendu leur territoire jusqu'au confins du Yemen, en prenant part aux combats croisés qui s'y déroulent entre de multiples groupes. Et qui y affrontant aussi bien l'Etats Islamique que les troupes officielles.

Tout cela sous les bombardements quotidiens de l'aviation venue d'Arabie Saousdite pour tenter d'anéantir les Houthis, ces rebelles chiites soutenus par l'Iran.

C'est d'ailleurs dans un Yémen en pleine débâcle que près de 100 000 réfugiés sont arrivés en provenance de,,, l'Ethiopie et de la Somalie !

Évidemment, aucun des pays de cette région de la Corne d’Afrique n'ont les moyens ni les équipement ni les administrations capable de prendre en charge la protection, l'hébergement, les soins ou l'alimentation de ces milliers de personnes en perdition qui fuient en se croisant les uns ou les autres en fonction de leur appartenance à tel ou tel groupe, tribu, obédience ou croyance.

En Belgique , la télévision publique tente de synthétiser en quelques paragraphes le conflit le plus complexe jamais vu depuis le début du siècle : une demi-douzaine de groupes rivaux s'y combattent et s'y entretuent mutuellement, en causant une effroyable misère dans les populations civiles qui croisent leur chemin ! Et tout cela se déroule dans un silence quasiment total, en l'absence de journalistes et d'ONT. Tout ce monde a fui... laissant les habitants livrés à toutes les exactions imaginables.

En Suisse , l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, avait annoncé il y a un mois sur sa page Facebook qu’il avait réussi à convaincre deux des parties à participer à un cycle de négociations de paix dans la Cité de Calvin à la fin ocotobre. Il avait d'ailleurs aussi demandé, en septembre, une enquête internationale et indépendante.

Mais plusieurs membres du groupe des pays arabe, dont le Qatar, le Bahreïn, l'Egypte, la Jordanie, les Emirats, se sont opposés à l'envoi d'une mission d'enquête de l'ONU au Yémen. «L'ONU a raté une occasion de traiter des allégations de violations des lois de la guerre par toutes les parties au Yémen», a déploré Human Rights Watch. L'ONG a accusé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d'avoir capitulé devant les pressions saoudiennes.

Plus d'1,7 million d'enfants souffrent de malnutrition, dix millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire...Depuis mars, la coalition menée par les Saoudiens a non seulement bombardé les positions chiites, mais aussi imposé un blocus sur les villes portuaires, coupant les zones conquises de toute possibilité de ravitaillement.