Arènes d'Arles. Photographie d'archive prise le 17 avril 2017, le matador espagnol Ivan Fandino regarde un combat de taureaux lors de la feria de Pâques.
Arènes d'Arles. Photographie d'archive prise le 17 avril 2017, le matador espagnol Ivan Fandino regarde un combat de taureaux lors de la feria de Pâques. - BERTRAND LANGLOIS
Arènes d'Arles. Photographie d'archive prise le 17 avril 2017, le matador espagnol Ivan Fandino regarde un combat de taureaux lors de la feria de Pâques. - BERTRAND LANGLOIS
Arènes d'Arles. Photographie d'archive prise le 17 avril 2017, le matador espagnol Ivan Fandino regarde un combat de taureaux lors de la feria de Pâques. - BERTRAND LANGLOIS
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Aujourd'hui, le député de la France insoumise Aymeric Caron va proposer à l’Assemblée nationale d'examiner la proposition de loi d’abolition de la corrida en France, les Enjeux territoriaux saisissent cette occasion pour se pencher sur les tauromachies du sud-ouest.

Avec
  • Frédéric Saumade ethnologue, professeur d'anthropologie sociale à l' Université d’Aix-Marseille

La tauromachie n'inclut pas uniquement la corrida mais englobe plusieurs pratiques. Dans le sud-ouest se pratiquent également la course landaise, dans le sud-est la course camarguaise. Ces deux courses n'ont pas la même finalité que la corrida et ne mettent pas à mort les taureaux, ni ne les blessent. La corrida quant à elle, sauf exception, a une finalité mortuaire. Sa forme moderne, tel qu'on la connaît aujourd'hui, remonte à la fin du XVIIIe siècle, où elle était pratiquée partout en France, y compris à Paris qui avait ses arènes dans le Bois de Boulogne.

La corrida, un spectacle en évolution

« Il ne s'agit pas de diminuer la violence de la corrida aujourd'hui, mais c'est beaucoup moins violent qu'il y a un siècle » comme l'explique Frédéric Saumade. A l'époque, les chevaux des picadors - un torero à cheval dont le rôle consiste à piquer le taureau lors du premier tercio afin d'affaiblir l'animal avant l'entrée des toreros à pied et du matador ensuite, portant le coup de grâce - étaient en général des chevaux de réforme sur le chemin de l'abattoir. Non protégés, ils étaient souvent blessés et tués, éventrés par les taureaux. La bravoure du taureau se mesurait au nombre de chevaux éventrés. « Le spectacle a évolué vers une forme esthétique, chorégraphique, dramatique (...) où la dramaturgie est de plus en plus portée par la gestuelle et l'esthétisation des passes, moins par l'épreuve des piques ».

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À réécouter : La corrida

Pour ou contre, un débat vieux comme le monde

Au XVIe siècle, le pâpe Pie V excommunie et condamne à mort tout chrétien s'adonnant au combat de taureaux. A l'époque, en Espagne, de jeunes aristocrates s'exerçaient à tuer des taureaux sur la place publique devant le peuple. L'argumentaire était alors totalement différent d'aujourd'hui, l'interdiction n'étant pas fondée sur le bien-être des taureaux mais sur le risque de perdre une âme humaine.

Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'émerge un argumentaire pro animal avec l'essor des mouvements animalistes, la naissance des associations de protections des animaux aux Etat-Unis, en Angleterre et en France, et de la SPA en 1845. La mode évolue également. Pour les milieux d'affaires et les politiques, il était de bon ton de s'afficher dans une corrida dans les années 80, contrairement à aujourd'hui...

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Mydia Portis-Guérin
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée