Meeting de Marine Le Pen à Saint-Martin-Lacaussade, ville viticole girondine
Meeting de Marine Le Pen à Saint-Martin-Lacaussade, ville viticole girondine
Meeting de Marine Le Pen à Saint-Martin-Lacaussade, ville viticole girondine - ROMAIN PERROCHEAU
Meeting de Marine Le Pen à Saint-Martin-Lacaussade, ville viticole girondine - ROMAIN PERROCHEAU
Meeting de Marine Le Pen à Saint-Martin-Lacaussade, ville viticole girondine - ROMAIN PERROCHEAU
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Résumé

Dans le Haut Médoc, le Blayais, le Libournais où l’Entre-deux-mers, et ce jusqu’à Agen dans le Lot-et-Garonne, le Rassemblent national a connu une très forte progression en cinq ans, jusqu’à avoisiner les 70% dans certaines communes. Quelles sont les racines du "Rassemblement national des vignes" ?

avec :

Jean Petaux (politiste à Sciences Po Bordeaux).

En savoir plus

Avec Jean Petaux, politologue.

À Bordeaux, Emmanuel Macron est arrivé en tête des suffrages dimanche 24 avril. Mais le département de la Gironde est moins cossu que sa métropole. Comme le nomme l'INSEE en 2011, un couloir de la pauvreté s'est lentement formé depuis une vingtaine d'années autour de l'estuaire de la Gironde, dans le Médoc, le Blayais, en allant jusqu'au Garonne. C'est là que Marine Le Pen a obtenu de très hauts scores.

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Jean Petaux relève que ce couloir s'est formé dans le temps, en suivant le cours de la Garonne : "il y a une ligne qui part du Tarn-et-Garonne et qui descend la Garonne et qui a atteint en 2002, le Lot-et-Garonne."

Terres d'agriculture

Derrière les prestigieuses appellations des vignobles girondins "Grands Châteaux", "Châteaux de Bordeaux",... se cache une agriculture "pas non plus richissime". Elle nécessite beaucoup de main d'oeuvre, que constitue "le sous-prolétariat, qui lui, se trouve dans des conditions sociales difficiles."

Cette partie du département votait à droite depuis les années 1980 : "ça bouge politiquement considérablement et Marine Le Pen, et son père avant elle, s'appuient sur des conditions sociales difficiles."

Gentrification

A cela s'ajoute l'augmentation du prix des loyers. En 2004, le prix du mètre carré était de 1 700euros. En 2018, il atteint les 4 770 euros, du fait de grandes politiques d'embellissement, de rénovation, de transformation de la ville de Bordeaux.

Jean Petaux ajoute : "Bordeaux bénéficie de grands aménagements urbains qui ont fait bouger la ville. La construction de structures fortes, comme la ligne à grande vitesse qui met Bordeaux à deux heures de Paris, a un effet impactant voire terrible sur l'habitat de la métropole." De facto, les classes moyennes ont peu à peu été repoussées.

Gilets Jaunes

Les Gilets jaunes qui manifestaient à Bordeaux provenaient majoritairement du "couloir de la pauvreté", et sont souvent issus de la classe moyenne expulsée de Bordeaux par l'augmentation des prix. Il existe une "homogénéité territoriale qui concerne une population de primo-accédants à la propriété."

Ces habitant ont impérativement besoin de leurs voitures pour venir travailler dans la métropole, et font parfois plus de trois heures de route par jour. "La SNCF et les acteurs politiques ne mettent pas en place les infrastructures nécéssaires" ajoute Jean Petaux.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée