Métro de Paris rempli suite aux mouvements sociaux de janvier 2020
Métro de Paris rempli suite aux mouvements sociaux de janvier 2020
Métro de Paris rempli suite aux mouvements sociaux de janvier 2020 ©AFP - Lopez
Métro de Paris rempli suite aux mouvements sociaux de janvier 2020 ©AFP - Lopez
Métro de Paris rempli suite aux mouvements sociaux de janvier 2020 ©AFP - Lopez
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Résumé

“Journée noire” titrent les journaux comme souvent à l’annonce d’une grève RATP. Alors que les négociations annuelles obligatoires entre la direction et les salariés ne trouvent pas de compromis sur les salaires, les syndicats de l’entreprise appellent à la grève.

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Avec Olivier Schwartz, professeur de sociologie à l'université Paris-Descartes

3000, c'est le nombre de chauffeur de bus de la RATP, ou la régie autonome des transports parisiens. Un chiffre important qui leur permet de bloquer la ville facilement, comme ce 18 février : un appel à la grève est lancé sur le territoire francilien en faveur de la hausse des salaires.

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Pour cause, la direction a prévu une augmentation de 0,4% soit environ 7 euros par mois net des salaires, malgré un bénéfice pour l'entreprise de 200 millions d'euros en 2021 ; quand les employés demandaient une hausse de 2,7%, soit 50 euros par mois net pour suivre l'inflation et rattraper le gel des salaires de ces 3 dernières années. Un mouvement important a débuté ce vendredi, souligne Olivier Schwartz, "huit lignes de métro sont fermées. Le RER, le réseau bus et le tramway connaissent des perturbations très importantes, c'est une grève qui est extrêmement unitaire syndicalement."

Déclassement

Beaucoup des employés de la RATP sont d'origine populaire. Si une partie possède des diplômes (BEP, CAP,...), une importante partie n'est pas diplômée. La plupart des employés ont connu avant le réseau de transports, des emplois ouvriers du secteur privé. "Ils sont venus chercher à la RATP des conditions d'emploi plus sûres et des rémunérations plus satisfaisantes" explique Olivier Schwartz. Il ajoute, "ce qu'ils craignent à travers toute une série de processus auxquels ils sont confrontés aujourd'hui (augmentation des prix, explosion du coût de la vie, concurrence,...) est une remise en cause de leurs avantages."

Contrairement à d'autres grèves RATP comme celles du début d'année 2020 qui avaient duré deux mois, ce mouvement n'est pas lié aux retraites. En effet, dans les années 2000 la société attirait les employés en proposant un départ à la retraite plus tôt et des pensions correctes, "mais les salariés entrés à la RATP depuis l'année 2009 ne dispose plus d'un statut de retraite différente des autres" relève Olivier Schwartz. Il continue, "or la grande majorité des conducteurs de bus sont des jeunes, arrivés après cette année. Ils ne bénéficient déjà plus des aspects relatifs à la retraite qui avaient attiré les générations plus anciennes."

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Ouverture à la concurrence

En moyenne et en grande-couronne d'Île-de-France certaines lignes de bus ont été ouvertes à la concurrence. Un projet prévu en 2025 pour les lignes parisiennes "l'ouverture à la concurrence, pour les chauffeurs de bus c'est la perte du statut RATP" analyse le professeur. En effet, à partir du 1er janvier 2025, quelle que soit leur situation ils n'auront plus ce statut, "avec ce qu'il a de protecteur pour eux."