Site de production sidérurgique en Moselle
Site de production sidérurgique en Moselle ©AFP - Jean-Christophe VERHAEGEN
Site de production sidérurgique en Moselle ©AFP - Jean-Christophe VERHAEGEN
Site de production sidérurgique en Moselle ©AFP - Jean-Christophe VERHAEGEN
Publicité

À Hayange, la reprise des sites de production d'acier par l'allemand Saarstahl injecte une nouvelle dynamique dans l'industrie sidérurgique mosellane. Quelle est l'ampleur de ce sujet ?

Avec
  • Pascal Raggi Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Lorraine

Ce lundi 13 septembre 2021, la ministre déléguée chargée de l'industrie Agnès Pannier-Runacher se rend sur le site fraîchement baptisé Saarstahl Rail pour une visite consacrée à la reconquête industrielle, pour rencontrer les salariés et représentants du personnel.

Quels changements pour les 420 salariés de l'usine, victimes collatérales de la faillite de la société financière Greensill, dont les fonds alimentaient les revenus de l'ancien propriétaire du site. Dans une ville où le RN occupe la mairie, qu'est-ce qui va changer avec ce changement d'exploitant ?

Publicité

Nous en parlons avec Pascal Raggi,  historien, maître de conférences à l’Université de Lorraine.

La sidérurgie s'adapte

A Hayange, la sidérurgie doit évoluer pour faire face à une rude concurrence internationale, notamment de la part des géants de l'acier asiatiques. Des hauts-fourneaux au rail, en passant par les aciéries, le site Saint-Jacques a rétréci considérablement : 

Le rachat par Saarstahl va peut-être permettre l'ouverture de nouveaux marchés et notamment les marchés d'Europe centrale, vers l'Allemagne où on peut espérer vendre aussi ces rails qui étaient vendus aux réseaux ferrés de France. Pascal Raggi

Les sidérurgistes ont choisi de sélectionner des produits qui ont une forte valeur ajoutée. L'exemple des rails, c'est celui qui nous intéresse ce matin, mais c'est aussi l'exemple des tôles automobiles qui sont fabriquées sur le site de Florange et qui alimentent la production automobile. Pascal Raggi

Réindustrialiser en passant par quelque chose de très lourd comme la sidérurgie, c'est pas ouvrir un food truck, c'est quelque chose de compliqué, et il faut énormément d'argent. C'est une industrie qui a besoin de s'endetter. Pascal Raggi

Une région frappée par la désindustrialisation

Alors que dans les années 1960, 80 000 sidérurgistes travaillaient dans les usines de Lorraine, il n'en reste que 4.000 aujourd'hui. En même temps, 80.000 travailleurs traversent la frontière chaque jour pour des activités dans le secteur tertiaire.  

On peut considérer qu'en Lorraine, on n'a peut-être pas fait des choix stratégiques au bon moment pour pouvoir conserver l'emploi. On a cru, par exemple, pendant longtemps qu'on pourrait remplacer une industrie par une autre industrie. Pascal Raggi

Il y a à la fois une réindustrialisation qui a fonctionné, avec des petites unités qui produisent des choses complètement intégrées dans le marché international, mais qui concernent peu de gens. Et puis il y a la réussite du Luxembourg qui permet aussi de sauver l'emploi dans tout le nord de la Lorraine. Pascal Raggi

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Max Schneider
Collaboration
Mydia Portis-Guérin
Réalisation