Récolte d'arnica dans les vosges à destination de la production de crèmes anti-inflammatoires ©AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Récolte d'arnica dans les vosges à destination de la production de crèmes anti-inflammatoires ©AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Récolte d'arnica dans les vosges à destination de la production de crèmes anti-inflammatoires ©AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
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Résumé

Cet hiver, il était parfois compliqué de se fournir en Doliprane. Et ce n'est pas le seul médicament touché : en 2020, plus de 2400 pénuries de médicaments ont été signalées, ou cinq fois plus qu'en 2016. La crise sanitaire a mis en lumière notre dépendance aux usines pharmaceutiques délocalisées.

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Avec Pauline Londeix, co-fondatrice de l'Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament, (OTMeds), ancienne vice-présidente d'Act Up-Paris. Activiste, écrivaine, chercheuse et réalisatrice et productrice audiovisuelle.

Des pénuries ont été constatées dans plusieurs services de réanimation d'hôpitaux et, par effet de domino, au sein des services de gériatrie, des EHPAD ou des unités de soins palliatifs. Depuis, l'idée circule de relocaliser en France des unités privées ou publiques de production de médicaments et de principes actifs.

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La consommation de paracétamol risque d'augmenter dans les années à venir. Dans le monde, 700 millions de personnes ont plus de 65 ans. En 2050, ce chiffre devrait doubler : "les ruptures de médicaments sont en constante augmentation et ce phénomène risque de s'aggraver pour des raisons populationnelles, épidémiologiques, mais aussi industrielles."

Fabrication d'un médicament

Importation

La production d'un médicament est constituée de plusieurs phases. Une des plus importantes, que méconnaît généralement le grand public est la fabrication de vrac pharmaceutique. Cette pratique nommée API, pour Active Pharmaceutical Ingredient est mise en place par de grands groupes et est extrêmement polluante. C'est l’une des raisons qui explique la délocalisation d’une grande partie de l’appareil productif français, vers l’Inde ou la Chine.

Puis vient la phase de conditionnement du médicament, où la matière première est modifiée en une formule, qui créera ensuite le médicament consommable. "La phase clé reste celle de la fabrication de la matière première" précise Pauline Londeix.

Production

Si la France importe ses matières premières, elle les a longtemps produites sur son son propre sol. Mais au cours des années 2000, les multinationales ont eu la volonté de réduire leurs coûts de fabrication et d'augmenter leurs marges en délocalisant la production. Peu à peu, les sites français où l'on produisait les principes actifs ont fermé.

Pauline Londeix ajoute qu'il est important de comprendre que "le marché du médicament est vraiment axé sur la question de l'offre et la demande. Donc, si aujourd'hui il y a une firme pharmaceutique qui est intéressée, c'est d'un médicament nouveau dont le prix sera très élevé (en dizaine de milliers d'euros). Cela va pousser ces firmes à délaisser la production de médicaments, pourtant essentiels à des sous-traitants en Asie et dans d'autres pays où les coûts de production sont moins chers."

Relocalisation de la production

En 2023 en Isère, à Roussillon seront produites 10 millions de tonnes de paracétamol par an : "une planification de la production française, peut aider à éviter que des hôpitaux se retrouvent face à des ruptures de stocks qui peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les personnes ."

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée