Quentin Fillon Maillet célèbre ses 5 médailles à son retour des JO dans le Jura.
Quentin Fillon Maillet célèbre ses 5 médailles à son retour des JO dans le Jura. ©AFP - Patrick HERTZOG
Quentin Fillon Maillet célèbre ses 5 médailles à son retour des JO dans le Jura. ©AFP - Patrick HERTZOG
Quentin Fillon Maillet célèbre ses 5 médailles à son retour des JO dans le Jura. ©AFP - Patrick HERTZOG
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Métabief, petite station de ski jurassienne, fait la une de l’actualité depuis que Quentin Fillon Maillet, l’enfant du pays est revenu quintuple médaillé des JO de Pékin. Mais à cause du dérèglement climatique, le ski alpin ne sera plus le moteur économique de ce domaine.

Avec Olivier Erard, directeur du syndicat mixte du Mont d’or.

Plusieurs études scientifiques révèlent que la saison d'hiver dans les stations alpines de moyenne altitude a perdu de 22 à 34 jours de neige en 50 ans. Il y a donc celles qui défient le changement climatique en ouvrant des pistes toujours plus haut ou avec toujours plus de neige artificielle. Et il y a celles qui disent stop, car elles ne peuvent pas. C'est le cas de Métabief, altitude maximale 1430 mètres, une virgule à la frontière franco-suisse.

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Depuis les années 2000 dans le Jura, la température hivernale a fortement augmenté, et même si "dans l'inconscient collectif on se dit qu'il y a toujours eu des mauvais hivers et on s'en sortira, la température moyenne est devenue positive à 1000 mètres et ne fait qu'augmenter" ajoute Olivier Erard.

Quel avenir pour Métabief ?

Selon les projections météorologiques, calculées en croisant des analyses historiques à ce que mesurent les nivoculteurs, l'enneigement ne va faire que diminuer dans les prochaines années. Le jurassien ajoute "il y aura plus de mauvais hivers et c'est cette fréquence d'occurrence qui est estimée. On se dit attention à l'horizon 2030 2035 !"

Depuis 2010, les collectivités ont injecté 20 millions d'euros dans les équipements, dont 8 millions pour la neige de culture, "c'est beaucoup, pour une station qui pèse 4 millions d'euros de chiffre d'affaires." En 2016, lorsque la nécessité d’investir 15 millions d’euros pour les télésièges s'est faite sentir, élus et techniciens ont choisi d’étudier la question.

En 2020, Métabief choisit plutôt de freiner les ambitions liées au développement du domaine. Olivier Erard explique : les remontées mécaniques représentent " 70% du coût de fonctionnement et d'investissement, elles datent des années 80 et n'étaient plus très sécurisées. Les renouveler coûtait 15 millions d'euros." Or la station sortait déjà d'un investissement conséquent : celui de la neige de culture, "et heureusement qu'on en a, parce que sinon on serait déjà fermé" conclut Olivier Erard. Chaque hiver, les gains produits ne permettent pas de couvrir la dette de 14 millions d'euros de la station.

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Mydia Portis-Guérin
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration
Elisa Verbeke
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée