Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d'Alsace, en janvier 2021.
Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d'Alsace, en janvier 2021.
Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d'Alsace, en janvier 2021. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d'Alsace, en janvier 2021. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
Frédéric Bierry, le président de la Collectivité européenne d'Alsace, en janvier 2021. ©AFP - SEBASTIEN BOZON
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Résumé

“L'Alsace doit-elle sortir du Grand-Est pour redevenir une Région à part entière ?” Tout au long du mois de janvier, les Alsaciens sont invités à donner leur avis sur l’opportunité de quitter la région. Une initiative politique qui courtise aussi les votes plus extrêmes du séparatisme alsacien.

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Avec Benoit Vaillot, professeur agrégé et docteur en histoire, chercheur associcé Arche UR 3400, à l'Université de Strasbourg.

Suite à la réforme des régions de 2015, l'Alsace a été fusionnée à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne le 1er janvier 2016. Cette alliance est pourtant rejetée par une Alsace qui se veut dynamique et  dit n'avoir rien à voir avec une "Lorraine post-industrielle repliée sur elle-même et une Champagne-Ardenne atone et proche de Paris." Sur le modèle de la Corse, la petite région souhaite former à terme une collectivité territoriale à statut unique.

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La collectivité européenne d'Alsace (CEA)

Cette entité à vu le jour le 1er janvier 2021 sous la main du président LR Frédéric Bierry. Elle résulte de la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Les deux départements continuent cependant à exister en tant que circonscriptions administratives de l'État.

Pour Benoit Vaillot, cette initiative provient d'une part de raisons identitaires "la création de la CEA, est partie d'un prétexte d'un désir d'Alsace localement. Les alsaciens sont très attachés à leur région."

D'autre part, les promesses (économiques) du gouvernement pour justifier la création d'une si grande région qu'est le Grand-Est n'ont pas été tenues "à chaque fois ça génère des surcoûts parce que réaliser l'administration d'une région si vaste, avec une fois de plus le chef lieu à Strasbourg, c'est assez complexe."

Pourtant, les Alsaciens ont accepté la CEA par défaut. En 2013, ils votaient contre la création de cette collectivité dans un référendum. Si elle a été adoptée aujourd'hui, c'est parce que les alsaciens détestent le Grand-Est et par dépit, ont accepté la collectivité.

Le risque de l'indépendance alsacienne

Benoit Vaillot explique "c'est un risque d'éloignement de l'Alsace vis à vis de la nation. Il y a un risque de rupture dans le principe d'unité et d'indivisibilité de la République et d'égalité entre les Français."

"Les ethno régionalistes alsaciens, qu'ils se prétendent de gauche ou de droite, sont ceux qui ont une définition ethnique de l'identité régionale völkisch, comme on dit ici. Cela les place à l'extrême droite de l'échiquier politique local. Ils portent d'ailleurs le lourd héritage en Alsace d'avoir été les fourrier du nazisme. Pour cette raison, ils sont extrêmement minoritaires. Mais la création de la CEA et les projets de Frédéric Bierry sont exactement conformes à leur agenda politique sans être au pouvoir. La différenciation territoriale, telle qu'elle est réalisée en Alsace aujourd'hui, permet de réaliser leur programme, celui d'une Alsace toujours plus éloignée du reste de la France."

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée