Photo de centre-ville de Nevers, dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté, France
Photo de centre-ville de Nevers, dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté, France ©Getty - Boris Breytman / EyeEm
Photo de centre-ville de Nevers, dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté, France ©Getty - Boris Breytman / EyeEm
Photo de centre-ville de Nevers, dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté, France ©Getty - Boris Breytman / EyeEm
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Le numérique peut-il fournir des emplois, constituer une nouvelle promesse de croissance dans des villes en déclin ? Réponse avec deux cas d’école : Nevers et Vierzon avec Achille Warnant, doctorant en géographie à l’EHESS.

Les deux villes d’environ trente mille habitants partagent un même défi, faire face au déclin, c’est-à-dire concrètement à la baisse du nombre d'habitants doublée de la paupérisation de ceux qui restent. Vierzon et Nevers partagent aussi des solutions communes comme miser sur le numérique pour revitaliser leur territoire. Achille Warnant est doctorant en géographie à l’EHESS.

Les symptômes du déclin

Deux dates symbole du déclin sont communes à ces deux villes, inhérentes aux petites villes rurales bousculées par la mondialisation, 1973 et le premier choc pétrolier et 2008 avec la crise financière venue des États-Unis. Achille Warnant précise même que "ces deux villes ont perdu beaucoup d'habitants entre 1975 et en 2018 et même aujourd'hui (…). À Vierzon vous avez des entreprises qui, dès les années 50-60, ferment leurs portes avec par exemple Vespa qui était installé juste à côté de Nevers. Une entreprise très importante dans le cas de Vierzon, qui fabriquait des tracteurs, qui a progressivement fermé ses portes, parce que c'est progressif aussi une fermeture. Et c'est vrai que c'est des milliers d'ouvriers laissés sur le carreau... ce sont des villes qui ont perdu, pour Vierzon, à peu près 10 000 habitants, pour Nevers, c'est 12 000 habitants. Il faut bien imaginer que c'est à peu près entre un quart et un tiers de la population de ces deux villes sur cette période".

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La politique comme réponse ?

Le changement de dynamique autour du numérique découle d'une volonté politique selon Achille Warnant : "Ces deux villes ont élu ce qu’on pourrait appeler (…) des maires entrepreneurs. À partir de 2008, vous avez un maire effectivement communiste à Vierzon qui est élu. C'est une ville qui était une ville de tradition communiste, mais qui avait connu une petite parenthèse, et dans le cas de Nevers, en 2014 effectivement, un maire qui n'était pas encore LREM mais qu'il l’est devenu. Donc vous avez des trajectoires politiques a priori assez dissemblables et éventuellement quelques rapprochements dans les stratégies adoptées. Ce qui ne veut pas dire évidemment que tout ce qui est fait à Vierzon comme à Nevers est identique".

L’idée du numérique

Achille Warnant précise que le numérique a comme débarqué de "manière un peu impromptue dans les deux villes, c’est-à-dire que c'est un sujet qui émerge (…) à partir de 2014 (…) à Nevers par une volonté de la municipalité qui cherche à reconvertir une friche et qui, influencée par des entrepreneurs locaux, se dit tiens, on pourrait réorienter cette friche non pas seulement pour accueillir des entreprises de manière générale, mais des entreprises du numérique. Et à Vierzon, c'est un peu la même idée. C'est d'abord une entreprise qui va amorcer un peu la pompe du numérique".

La venue du numérique à Nevers et Vierzon a pris un virage différent que les villes précurseurs, notamment américaine, selon Achille Warnant "pas tout à fait de la même manière donc, longtemps après que la ville intelligente, la smart city, soit mises à l'agenda des grandes villes internationales. Au départ, ça vient plutôt de la société américaine, avec l'idée qu'on va transformer la ville avec toutes les technologies du numérique, avec des services publics extrêmement performants, avec des capteurs, etc. À Nevers et Vierzon, ce n'est pas du tout ça au départ".

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