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Simon Kuper, éditorialiste du Financial Times, écrivait en novembre dernier : « Lorsque je suis venu m’installer à Paris en 2002, j’ai refusé de croire (ceux qui disaient) : pourquoi la métropole la plus charmante du monde est-elle aussi la plus hostile ? (…) Plus de dix ans plus tard, je peux dire ceci : sous sa façade snob et inamicale, Paris est une ville snob et inamicale . »

Et Simon Kuper d’égrener les griefs habituels : les Parisiens sont élitistes, mal élevés, agressifs, leurs comportements, leurs modes de vie et jusqu’à leurs façons de penser,tout chez eux est stéréotypé. Il ne faut « jamais avoir l’air aimable », « ne jamais avoir l’air surpris », mais arborer en permanence « un air d’ennui distingué ». Pour le reste, guetter le faux pas, la faute de goût, le manquement à une étiquette connue des seuls Parisiens, afin d’avoir une occasion de s’en moquer puisque – je cite « Paris est un grand ricanement ».

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Et ce témoignage, recueilli et traduit par le magazine Courrier International dans son numéro du 21 novembre est loin d’être isolé dans son genre. Le New York Times écrit, par exemple, que « les Parisiens cool savent au plus profond de leur cœur qu’ils vivent dans un îlot fortuné, plutôt coincé et bourgeois, entouré d’une route circulaire, le périphérique – une sorte de mur de Berlin, le mur d’un ghetto. » Et la Reppublica péruvienne oppose, elle, Berlin la cool, où il fait bon vivre, à Paris la Bourge qui cultive l’entre-soi…

Sur cette réputation, dont vous nous direz, Anne Hidalgo, à quoi il faut l’attribuer, les Brits se sont engouffrés. Ils prétendent que pour la première fois, l’an dernier, le nombre de touristes ayant visité leur capitale aurait dépassé ceux qui viennent séjourner dans la nôtre. Une véritable guerre des chiffres s’en est suivie entre Londres et Paris, chacune disputant à l’autre le titre de première destination touristique. La mairie de Paris persiste à affirmer que « Paris est restée la ville la plus visitée du monde », devant Londres,** si l’on compare ce qui est comparable : l’île-de-France, avec le château de Versailles et Eurodisney, avec le Grand Londres** . Le bas niveau de la livre sterling ne rend-il pas le shopping à King’s Road plus attractif que rue de Rivoli ?

Alors, **Londres ou Paris ? Paris ou Londres ? Quelle est la première destination du monde ? ** Hé bien, je vais mettre tout le monde d’accord. D’après les Nations Unies, et leur Organisation Mondiale du Tourisme, les derniers chiffres connus, qui sont ceux de 2012, classent dans cet ordre les capitales les plus visitées : première, Bangkok , avec 15 millions 980 000 visiteurs y ayant passé au moins une nuit. La capitale de la Thaïlande dépasse d’une très courte tête Londres, classée en effet deuxième , avec 15 millions 960 000 visiteurs. Et Paris arrive en troisième position, assez loin derrière, avec 13 millions 920 000 visiteurs. New York est cinquième, derrière Singapour. Et ce tiercé (Bangkok, Londres, Paris) est confirmé par d’autres évaluations internationales, comme le Global Destination Cities Index.

Mais n’ergotons pas. Une chose est sûre : Paris doit faire preuve d’imagination pour demeurer sinon la première destination, en tous cas, l’une des toutes premières. Car le tourisme est en train de changer. Les premiers touristes du monde sont à présent les Chinois , avec 83 millions de sorties du pays pour un montant de dépenses à l’étranger de 75 milliards d’euros – chiffres de 2012, en progression spectaculaire, de l’ordre de 30 % d’une année sur l’autre.

Ce sont ces grands amateurs de shopping et de gastronomie qu’il faut désormais attirer chez nous. Or la France n’arrive qu’en 8° position dans le palmarès des destinations préférées des Chinois , selon Travelzoo, loin derrière le Japon et les Etats-Unis. Que ferez-vous, si vous êtes élue maire de Paris pour améliorer encore la « destination Paris », Anne Hidalgo ?

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Brice Couturier
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