France Culture
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If you drive a car, I’ll tax the street

If you try to sit, I’ll tax your seat

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If you get too cold, I’ll tax the heat

If you take a walk, I’ll tax your feet

Cause I’m the taxman, yeah, the taxman…

Si vous conduisez une voiture, je prélève un impôt sur la rue,

si vous essayez de vous asseoir, je taxe votre siège,

si vous avez trop froid, j’impose le chauffage,

si vous faites une balade, je crée un impôt sur vos pieds,

car je suis le percepteur…

chantaient les Beatles dans les années 60. Et voilà une chanson qui est en train de retrouver une actualité dans la France actuelle. Mais le marché de l’art, lui, échappe encore une fois à la menace. Même s’il a senti passer le vent du boulet. Hier donc, les œuvres d’art ont échappé de justesse à leur intégration dans l’assiette de l’impôt sur la fortune . Et probablement en l’honneur de l’ouverture de la FIAC.

Christian Eckert, le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, a maintenu jusqu’au bout son amendement en ce sens au nom de la commission des finances. « Il y a les collectionneurs, les passionnés, mais il y a aussi des personnes qui utilisent les œuvres d’art comme un moyen de placement », dit-il.

Et il n’a pas tort. Mais le gouvernement a lutté vent debout contre cette mesure et obtenu le revirement du groupe socialiste. Une œuvre estimée 50 000 Euros aurait été taxée à hauteur de 250, fait remarquer le député, ce qui n’est pas lourd. Peut-être, lui répond, unanime, le milieu, mais cela aurait suffi à provoquer une fuite du patrimoine et surtout, cela aurait été un coup fatal au lent redécollage du marché de l’art contemporain sur une place de Paris, qui peine à conserver son rang, qui n’est plus que la quatrième dans le monde.

Car la Chine s’est installée en bonne position derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne . Un coup d’intox a tenté de faire croire, l’an dernier que les Chinois avaient ravi la première place aux Américains, mais les enchères faramineuses atteintes par les artistes de l’Empire du Milieu semblent avoir été gonflées pour créer le buzz. On a découvert que** la maison de vente Poly, qui cherche à concurrencer les Sotheby’s et Chrsitie’s appartenait à… l’Armée Populaire ** ! Mais qui peut nier l’excitation que provoquent les nouveaux créateurs chinois – Ai Wei Wei, bien sûr, mais aussi Yue Minjun, avec ses espèces de bouddhas hilares, Mu Boyan et ses géants empêtrés, les frères Gao, Zhang Xiaogang, dont la cote atteint plusieurs millions d’euros…

Il faut dire que la FIAC fait figure de « grande dame » et fait passe pour être moins audacieuse que Art Basel en Suisse (la plus grande foire d’art contemporain du monde) et surtout que la Frieze Art Fair de Londres . Peut-être parce que l’art est devenu valeur refuge dans un monde où la Bourse s’est effondrée, où les obligations deviennent suspectes, où l’inflation menace de ruiner l’épargnant et tout particulièrement dans un pays où le gouvernement taxe tout ce qui bouge encore, la place de Paris se signale pour son conformisme : le magazine Forbes, l’an dernier, se plaignait d’avoir surtout vu « l’inévitable séquence Murakami-Bourgeois-Fontana-Warhol-Hirst ».

La dynamique directrice de la FIAC, Jennifer Fay, a des suggestions à faire aux députés de la majorité socialiste : permettre aux contribuables de s’acquitter de leurs impôts par des donations d’œuvres d’art et étendre aux particuliers, aux professions libérales en particulier, les déductions fiscales dont profitent déjà les entreprises qui achètent des œuvres d’artistes vivants.

On en revient au taxman. Mais c’est vrai qu’il serait bien plus intéressant de faire la queue chez le dentiste face à une œuvre de Anselm Kiefer que devant l’inévitable photo du voilier de votre arracheur de dents.

E**n tous cas, si vous héritez d’une fortune, investissez-la en œuvres d’art. Ca peut rapporter beaucoup plus que de créer une entreprise et c’est beaucoup moins taxé à la revente. ** L’ultime moyen, en somme de s’enrichir en dormant…