Portrait de Denis Podalydès, en février 2019 à l'occasion de sa nomination aux Césars
Portrait de Denis Podalydès, en février 2019 à l'occasion de sa nomination aux Césars  ©Getty -  Anthony Ghnassia
Portrait de Denis Podalydès, en février 2019 à l'occasion de sa nomination aux Césars ©Getty - Anthony Ghnassia
Portrait de Denis Podalydès, en février 2019 à l'occasion de sa nomination aux Césars ©Getty - Anthony Ghnassia
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Acteur, metteur en scène, scénariste, écrivain et sociétaire de la comédie Française, Denis Podalydès est un boulimique du travail, au désir incessant de jouer et de faire jouer. Au micro d'Arnaud Laporte, il révèle sa méthode de travail et en quoi l'école fut importante dans son parcours.

Avec
  • Denis Podalydès Acteur, metteur en scène, scénariste et écrivain français, sociétaire de la Comédie-Française

Avant d'entrer dans cette masterclasse de Denis Podalydès, il faut retracer succinctement son parcours. Il passe par des études de philosophie et de lettres, puis par le cours Florent en classe libre avant d'intégrer le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique en 1985. Il entre à la Comédie-Française en janvier 1997 et  en devient le 505ème sociétaire le 1er janvier 2000. La même année, il passe à la mise en scène avec Tout mon possible, d'Emmanuel Bourdieu, con-disciple de ses années d'études au Lycée Fénelon. Il créé sa première mise en scène à la Comédie-Française en 2006. 

Il a signé à ce jour 14 mises en scène, dont une pour l'opéra. Il a interprété près de 68 rôles au théâtre et joué dans plus de 76 films au cinéma en 25 ans seulement, sans compter ceux pour la télévision et les courts-métrages. Il a également enregistré de nombreux livres audio, et un très grand nombre de fictions pour France Culture, sans compter les lectures publiques, qu'il place à la même hauteur que les autres exercices.  

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Une force de travail

Denis Podalydès enchaîne les projets, les pièces, les films, et les collaborations avec un appétit sans fin, qui révélerait presque une peur du vide ...

Denis Podalydès : "Je crois que je me suis engagé dans le métier d'acteur avec une grande appréhension. J'ai toujours été très rassuré par l'école et l'institution. J'ai attendu le dernier moment pour quitter l'école. Tant que j'étais à l'école, je me sentais bien. Quand on m'a fait comprendre que le métier d'acteur n'était plus l'école, il y a eu un grand vide. Le métier d'acteur est fondamentalement passif, vous êtes dépendants des partenaires, d'un texte, d'un metteur en scène, d'un auteur, du public. C'est erratique.

Le fantasme du théâtre

Denis Podalydès croit fermement à l'école, et à ce qu'elle peut apporter sur les plans de la liberté et de l'affirmation de soi. 

Denis Podalydès : "J'avais un lien fasciné et fantasmatique au théâtre. Le rapport au théâtre passait beaucoup par la lecture des pièces canoniques. La découverte du grand théâtre a été tardive. Quand j'étais étudiant, j'ai découvert les grands metteurs en scène : Vitez, Chéreau, Jean-Pierre Vincent. J'avais depuis toujours une vocation et un désir, partagé avec mon frère. Les ateliers théâtre du lycée et les lectures de textes faisaient partie de mon attachement à l'école. J'ai été élevé dans le culte de l'école républicaine et laïque où chacun pouvait se défaire de pesanteurs familiales et sociales. En choisissant le métier d'acteur, j'avais peur d'une forme de déclassement.

La Grande table culture
27 min

L'acteur créateur

Le théâtre, pour Denis Podalydès, est un métier de dépendances (à son partenaire, à son metteur en scène, à soi). Il dépend notamment du regard de l'autre. Il importe, selon lui, d'apprendre à devenir un acteur-créateur. 

"Chaque fois qu'on commence un spectacle, au premier jour de répétition, on redécouvre, comme un enfant, le théâtre. Quand on appréhende une pièce, on ne sait rien, on est démunis, on se réfugie dans des choses qu'on a déjà faites. Et, au fil des jours, c'est comme si on retraversait son parcours théâtral. Ça permet de faire une mise à jour de façon à ne pas être assis sur son savoir, ses pratiques, ses tics, et de façon, aussi, à être le plus vulnérable et le plus disponible possible pendant les répétitions. Le texte ne doit pas être affecté par la pesanteur des intentions. Ce que demandent souvent les metteurs en scènes, c'est de ne pas charger le texte d'intentions, d'attendre qu'adviennent celles qui vont naître dans la relation aux autres."

Réécoute du 22 août 2017

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