Portrait de Dominique Gonzalez-Foerster à la Tate Modern Gallery à Londres en octobre 2008 ©AFP - Carl de Souza
Portrait de Dominique Gonzalez-Foerster à la Tate Modern Gallery à Londres en octobre 2008 ©AFP - Carl de Souza
Portrait de Dominique Gonzalez-Foerster à la Tate Modern Gallery à Londres en octobre 2008 ©AFP - Carl de Souza
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Résumé

La plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster livre sa Masterclasse au micro de Mathilde Serrell, durant laquelle elle évoque son désir de multiplicité, ses climats, les espaces qu'elle envahit, et la nécessité de "s'éparpiller pour mieux se resserrer".

avec :

Dominique Gonzalez-Foerster.

En savoir plus

L'art de Dominique Gonzalez-Foerster est en perpétuel mouvement. Entre vidéos, photos, fictions, installations, elle échappe volontairement à la définition. Elle l’annonçait dès 1988 : "Bienvenue à ce que vous croyez voir". Une chose est sûre, Dominique Gonzalez-Foerster est plurielle. Et ça se vérifie en cinq dates.

En 1998, elle est une artiste à trois têtes. Avec ses comparses Philippe Pareno et Pierre Huyghe, elle réinvente l’exposition au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. En 2002, lauréate du Prix Marcel Duchamp, elle décide de se dédoubler pour l’exposition qui lui est consacrée au Centre Pompidou, et embarque le musicien Christophe Van Huffel dans son Exotourisme.

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En 2007, c’est sous le nom de Dominique Gonzalez-Foerster et Cie qu'elle présente son Expodrome au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris en équipée avec les musiciens Alain Bashung et Jay-Jay Johanson, et le couturier Nicolas Ghesquière. 

En 2008, Dominique Gonzalez-Foerster est la première artiste française à investir le Turbine Hall de la Tate Modern de Londres. En 2015, au Centre Pompidou, elle est à la fois Lola Montès, Bob Dylan ou Véra Nabokov dans les films de ses apparitions présentés lors d'une rétrospective où les bornes chronologiques sont explosées : Dominique Gonzalez-Foerster 1887-2058.

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La dispersion et le doute comme essence de la création

Dominique Gonzalez-Foerster définit sa pratique en une formule éloquente : "L'éparpillement me resserre". 

Ça démarre toujours avec de grands doutes. Dès le départ, dès les Beaux-Arts, j'ai eu un très gros doute sur la question d'être artiste. J'avais envisagé d'être curatrice d'exposition, de penser un rapport aux œuvres, de penser un rapport aux références, un rapport à l'art comme une série de choix, un peu comme Walter Benjamin organisait ses livres en samplant des citations. Dès le début, j'ai beaucoup douté, et je n'ai pas du tout assumé l'idée du nom, de la signature. Ces doutes sont devenus une méthode, ainsi qu'une redéfinition permanente de ce que sont une œuvre ou une exposition.

Entre la pulsion et la nécessité d'existence

Je pense souvent une œuvre en termes de paradoxe. D'une part, il y a son intérêt en tant que pulsion, comme invention, comme tension entre l'existence et l'envie de laisser des traces, entre l'apparition et la disparition. En même temps, les artistes sont complètement inconscients dans leur désir. Il faut réaliser que conserver des millions d’œuvres dans le monde, ça occupe des milliers de personnes. C'est un bazar fou. C'est donc à la fois une activité pulsionnelle, qui va au delà du bon sens, et une nécessité de préserver cette pulsion, et ça représente des coûts et des délires incroyables. C'est une chose insensée. Avant même de me dire "qu'est-ce que je vais faire", je me demande ''pourquoi je vais le faire".    

Le théâtre de la mémoire

Avant d'y intégrer les Beaux-Arts, Dominique Gonzalez-Foerster a passé son enfance dans la ville de Grenoble, une ville laboratoire aux nombreuses propositions de mise en espace, une influence inconsciente. 

C'est l'architecture d'une époque, un espace d'idées, d'expériences. On se rendra compte un jour que le 20ème siècle est un siècle expérimental avec des formes extrêmes. Je suis complètement persuadée que les architectures dans lesquelles on grandit ont un très grand impact sur l’organisation psychique. Il y a toutes ces histoires de théâtre de la mémoire, ces rapports à un espace où on place des expériences, des lieux, des pensées. Si vous grandissez dans un espace avec certaines règles, c'est ça votre théâtre de la mémoire. On le mémorise, et on s'identifie à un espace, à une mémoire émotionnelle.          

3 min

Pour aller plus loin

Site officiel de Dominique Gonzalez-Foerster

Suite à l'annonce du décès du chanteur Christophe, La Cinémathèque française a propose en ligne le film Personne n'est à la place de personne, avec Christophe, signé Dominique Gonzalez-Foerster et Ange Leccia, disponible gratuitement sur Henri, la nouvelle plateforme de la Cinémathèque française créé à l'occasion du confinement sanitaire. 

La bibliothèque imaginaire collective de Dominique Gonzalez-Foerster

Portrait de Dominique Gonzalez-Foerster sur le site de l’association Aware (Archives of Women Artists Research & Exhibitions)

Indifférenciation et singularité dans les courts métrages de Dominique Gonzalez-Foerster : Article de François Bovier et Geneviève Loup publié dans la revue Décadrages en 2008. 

Réécoute du 17 juillet 2018

Références

L'équipe

Mathilde Serrell
Production
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Coordination
Pascaline Bonnet
Collaboration
Clotilde Pivin
Réalisation
Sandrine Treiner
Coordination