Le cinéaste Frederick Wiseman lors d'une conférence à la Rochelle, pour le Festival International du Film, en juillet 2016
Le cinéaste Frederick Wiseman lors d'une conférence à la Rochelle, pour le Festival International du Film, en juillet 2016 ©AFP - Xavier Leoty
Le cinéaste Frederick Wiseman lors d'une conférence à la Rochelle, pour le Festival International du Film, en juillet 2016 ©AFP - Xavier Leoty
Le cinéaste Frederick Wiseman lors d'une conférence à la Rochelle, pour le Festival International du Film, en juillet 2016 ©AFP - Xavier Leoty
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Au micro d'Antoine Guillot, le cinéaste Frederick Wiseman se livre à l'exercice de la masterclasse et nous dévoile quelques secrets de fabrication d'une oeuvre de près d'une centaine d'heures, qui s'apparente à une vaste comédie humaine balzacienne, voire même renoirienne.

Avec

Frederick Wiseman est un cinéaste américain qui oeuvre à montrer dans ses documentaires les hommes vivant ensemble,  filmant notamment le fonctionnement de grandes institutions : hôpital pour aliénés criminels de Bridgewater dans Titicut Follies en 1967, un centre de recherches qui pratique des expérimentations sur les singes de Yerkes dans Primate en 1974, le centre d'aide sociale de Waverly à New York dans Welfare en 1975, ou plus récemment la National Gallery de Londres dans National Gallery en 2014. 

La vaste comédie humaine

Frederick Wiseman choisit un espace social délimité et y filme ses occupants ainsi que ceux qui y travaillent. Il filme également tous les rituels sociaux qui s'y jouent. Le lieu devient un cadre à la fois géographique et cinématographique. Il observe et tente de comprendre comment l'ordre s'établit, comment l'on y résiste, comment se formalise la violence, comment s'opère la transmission et aussi comment se met en scène et se joue la vie démocratique aux Etats-Unis, principalement (Frederick Wiseman ayant aussi tourné en France, en Angleterre ou en Allemagne entre autres).

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En savoir plus : Frederick Wiseman

A peine diplômé en droit au milieu des années 1960, Frederick Wiseman décide de se tourner vers le cinéma et particulièrement vers le documentaire.  

Frederick Wiseman : "Pour tourner des films de fiction, on a besoin de beaucoup plus d’argent que pour faire des documentaires. On doit traiter avec l’industrie en général, alors que pour les documentaires, je sais comment trouver l’argent. Et il y a tant de bons sujets ! Je trouve l'exercice plus intéressant car, contrairement à la fiction, on ne peut tourner qu'une fois et, si on est chanceux, les sujets nous tombent dessus !"

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L'entretien mené par Antoine Guillot s'attache notamment à décrypter l'oeuvre Welfare, une plongée de 2h42 dans les bureaux d’aide sociale de la ville de New York en 1975. 

Frederick Wiseman : "Tout ce qu'il y a dans ce film relève de choix. En premier, c'est le titre et sa typographie. Dans le cas de Welfare, j'ai choisi une typographie élégante, en contraste avec les éléments violents du film. La séquence de la photographie est une chose littérale et nécessaire. Dans cette session, je montre des noirs, des blancs, des chinois, des gens de toutes origines. La scène sur les photos d'identité est nécessaire et donc littérale. Mais il y a plein d'autres idées qui sont suggérés dans ces images, notamment les rouages injustes du système américain."

Image extraite du film documentaire "Welfare", de Frederick Wiseman (1975)
Image extraite du film documentaire "Welfare", de Frederick Wiseman (1975)
- Blaq Out / 2015

Frederick Wiseman : "Je lis beaucoup. Je crois que mes films sont davantage liés aux romans que je lis qu’au journalisme ou aux actualités. Je fais en sorte que le film soit un reflet d'une certaine ambiguïté que je relève. Mes films ne sont pas idéologiques. Je n’ai jamais trouvé une explication idéologique qui explique tous les événements si complexes et ambigus que je rencontre."

59 min

Réécoute du 11 août 2017