Portrait de Laurence Equilbey en 2008
Portrait de Laurence Equilbey en 2008
Portrait de Laurence Equilbey en 2008 ©AFP - Stéphane de Sakutin / AFP
Portrait de Laurence Equilbey en 2008 ©AFP - Stéphane de Sakutin / AFP
Portrait de Laurence Equilbey en 2008 ©AFP - Stéphane de Sakutin / AFP
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Résumé

Cheffe d'orchestre et directrice des ensembles "Accentus" et "Insula Orchestra", Laurence Equilbey est une pionnière dans le chœur professionnel en France. Elle nous parle de son métier, de son désir de faire converger les arts, et de la place des femmes dans ce milieu.

avec :

Laurence Equilbey (Chef d’orchestre et chef de chœur, française (Paris 1962)).

En savoir plus

Cheffe d’orchestre, directrice musicale de deux ensembles qu’elle a créés, le choeur Accentus en 1991 et l'orchestre Insula Orchestra en 2012, qui joue sur des instruments d’époque. Elle est en charge d’une partie de la programmation musicale de la Seine Musicale, qui défend le grand répertoire tout en empruntant des chemins de traverse en faisant dialoguer tous les arts. Ses activités symphoniques la conduisent à diriger les plus grands orchestres du monde. Laurence Equilbey a étudié la musique à Paris, Vienne et Londres, notamment auprès des chefs Nikolaus Harnoncourt, Eric Erikson, Denise Ham, Colin Metters et Jorma Panula.

Ses deux grands maîtres : Nikolaus Harnoncourt et Erik Erikson

Laurence Equilbey revient sur une période très importante de sa vie, ses deux années d'études à Vienne en 1986 et en 1988. 

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Laurence Equilbey : Ça a été vraiment matriciel et fondateur pour la suite. Pour gagner ma vie, j’ai chanté dans un chœur de jeunes professionnels. On chantait avec Nikolaus Harnoncourt, Claudio Abbado... des grands chefs, beaucoup "a capella". La rencontre avec Harnoncourt a été extraordinaire. Il m’a fasciné par sa rigueur musicologique et historique, mais aussi par son inspiration. C’est un très grand poète. Il a fait beaucoup de compromis dans sa vision des choses. Il a ouvert la voie. Harnoncourt m’a réveillé dans Mozart. (...) Le chef suédois Erik Erikson a quant à lui révolutionné la pratique de l’art vocal dans le monde. Il a fait un pont entre tout ce qu’était le choral luthérien, la parole populaire et la musique contemporaine. Il a apporté énormément à tout le mouvement choral dans le monde au 20ème siècle. 

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Cheffe d'orchestre, une vocation

Née en Allemagne, de parents mélomanes et musiciens amateurs, elle découvre la musique principalement en pension, et grâce aux cours de piano et de flûte traversière. Elle a baigné dans l'écoute de Beethoven et de chants de messes à l'église. Après le Bac est venue la passion pour les matières d'érudition : harmonie, écriture... Elle fait le conservatoire et étudie la musicologie à la Sorbonne.

Laurence Equilbey : La musique est devenue très vite une passion, je me suis décidée à en faire à la sortie du bac. J’avais commencé l’instrument trop tard pour pouvoir faire une carrière d’interprète à haut niveau. Les matières d’érudition m’intéressaient beaucoup : l’harmonie, le contrepoint, l’analyse, l’histoire de la musique. J’ai fait pratiquement 15 ans d’écriture. Ce sont des études très longues, mais indispensables pour devenir cheffe d’orchestre. Je me suis aperçue qu’au-delà de la personnalité pour pouvoir conduire les choses, on devient cheffe aussi parce qu’on est passionné par le sous-texte et le contexte de l’œuvre, ses enjeux, sa complexité. 

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Une gestuelle instinctive 

Laurence Equilbey : Pour être une bonne cheffe, il faut aimer étudier, avoir un physique solide, car c’est éprouvant, et il faut avoir une bonne oreille. Il faut être sur l’écoute tout en anticipant, c’est peut-être le plus difficile. (...) Ce que je recherche avant tout, c'est la plasticité, la souplesse. J’aime beaucoup quand les choses peuvent avoir une forme d’organicité, un peu comme si l’orchestre était un orgue où tous les instruments s’agrégeraient les uns aux autres, avec cette espèce de souplesse. La gravitation des timbres les uns avec les autres, la capillarité sonore, c’est très important. 

Laurence Equilbey insiste sur sa volonté de multiplier ce qu'elle appelle les "créations scéniques", les collaborations avec les autres arts. Comme par exemple pour La Création de Hayden avec la troupe "La Fura dels Baus", ou son travail sur Mozart avec Yoann Bourgeois. Plutôt que de travailler fragments par fragments pour arriver à l'ensemble, sa méthode serait de partir de la grande forme, et ensuite on progresse, on affine...

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L'invisibilisation des compositrices

Laurence Equilbey : J'ai toutefois du mal avec les événements genrés, surtout quand c'est pour donner des postes d'assistantes. Pour moi, la meilleure méthode est de partir du haut, de faire connaître toutes les femmes de très haut niveau... Il faut aussi piocher davantage parmi les compositrices. On est passé à côté de beaucoup d’œuvres écrites par les femmes. Au XVIIIe siècle, il y avait beaucoup plus d'artistes femmes. Il y a eu un recul au XIXe, puis à nouveau plus de femmes compositrices au début du XXe siècle. (...) S'il n'y a plus de femmes dans l'art, la société va être perdue. 

En savoir plus : Laurence Equilbey, gothique

Pour aller plus loin

Le site officiel de Laurence Equilbey

Site du chœur de chambre Accentus, fondé par Laurence Equilbey. Elle est également la directrice artistique et musicale d’Insula Orchestra.

Grand entretien (en 5 parties) avec Laurence Equilbey à réécouter sur le site de France Musique.

Le Paris des arts de Laurence Equilbey, une émission de France 24, diffusée en février 2019.  

Réécoute du 27 juillet 2019