Sebastião Salgado en 2017 à Naples
Sebastião Salgado en 2017 à Naples
Sebastião Salgado en 2017 à Naples ©Getty - Photo by Ivan Romano/Getty Images
Sebastião Salgado en 2017 à Naples ©Getty - Photo by Ivan Romano/Getty Images
Sebastião Salgado en 2017 à Naples ©Getty - Photo by Ivan Romano/Getty Images
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Résumé

Depuis 1973, Sebastião Salgado n'a cessé de parcourir le monde avec son appareil de photographie à la main. Il partage ses expériences et sa conception de la photographie en compagnie d'Anaël Pigeat.

avec :

Sebastião Salgado (Photographe).

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Sebastião Salgado, un des photographes les plus célébrés qui soient, dont des œuvres ont fait le tour du monde, revient sur son parcours et sa découverte de la photographie. "Je suis né dans une grande ferme très isolée au Brésil." Il y passe son enfance avant de vivre dans une capitale de province où il a pu commencer à connaître la peinture, la musique et de venir à Paris.

La photographie est née je crois dans ma petite enfance. Quand la pluie commençait à se préparer, il y avait des ciels si beaux, que je n'ai jamais vus ailleurs. Mon père adorait voir arriver la pluie. Aujourd'hui je crois que la lumière qui est dans ma photographie vient de là, de ces ciels. 

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C'est lorsqu'il était à Paris, avec sa femme qui faisait architecture aux Beaux-arts et qui achète un Pentax pour ses études, qu'il commence pour la première fois à prendre des photos. Son père voulait qu'il devienne avocat. Il prépare une thèse d'économie.

Pour la première fois, j'ai pu voir à travers un viseur. J'ai senti que la photographie a fait une invasion totale dans ma vie. C'était la découverte de quelque chose qui était en moi. 

Il ne cesse alors de faire des photos alors qu'il travaille à l'Organisation internationale du café et qu'il voyage pour son travail, notamment en Afrique. Il se rend compte à quel point il préfère prendre des photographies que faire des rapports. Et à un moment, il décide avec sa femme de tout arrêter pour se lancer dans la photo.

J'ai douté pendant plusieurs années, est-ce que j'étais vraiment photographe ?

En savoir plus : Sebastião Salgado, photographe écologiste et humaniste

Il raconte alors sa rencontre avec Henri Cartier-Bresson, ses débuts dans le photo-journalisme, dans les agences Sygma puis Gamma et Magnum qui lui ont tout appris.

Il explique la particularité de l'art qu'il exerce. 

En quelques fragments de seconde, une œuvre est terminée. Le photographe est tout seul. Il intervient avec les nuages, les lumières de son enfance, ses parents, son idéologie... C'est tellement magique. Il y a tellement de pouvoir dans la photo. C'est un vrai privilège que d'être photographe. 

Aujourd'hui tout le monde prend des photos avec son portable. Mais c'est de la communication faite à travers l'image, ce n'est pas de la photographie. 

La vraie photo que j'imagine a une émotion de l'instantané. Elle est un miroir de la société. Elle représente des moments historiques qu'on a vécus.  Peut-être que ces photos vont rester pour raconter notre histoire. Un jour, la photographie n'existera plus. On va passer à autre chose.

Il se livre sur la facilité qu'il y a à créer des rapports de solidarité avec ceux qu'il photographie. 

J'ai travaillé avec des gamins de rue, violents. On peut intégrer n'importe quelle communauté. Je prends beaucoup de temps pour faire mes photos. Il faut du temps pour que cette fraction de seconde existe. Le plus dur est d'y aller, de quitter sa zone de confort et de sécurité pour partir au fin-fond du Sahel ou ailleurs. Une fois qu'on accepte de quitter sa zone de confort, de flotter, on est accepté. 

Il revient sur ses techniques, le choix du noir et blanc, le basculement de l'argentique au numérique, son rapport au support qui reste le même.

Je n'ai jamais bien compris la couleur. J'étais contre le digital. J'ai mis des années à m'adapter. Il faut que je passe par les planches-contact. 

Il parle au long de l'entretien de certains grands projets sur lesquels il a travaillé pendant des années, comme "La main de l'homme" pour photographier la classe ouvrière, pour rendre compte de ce que la globalisation produisait: le déplacement des populations des campagnes vers les villes, de pays vers d'autres pays - "J_e suis un photographe avec une formation d'économiste marxiste"_ - ou un autre grand projet "Genesis", sur lequel il a travaillé huit ans.

Une fois les photos prises, il travaille avec sa femme et son équipe. "Il faut construire une histoire avec les images".

Il parle enfin de la naissance de son projet avec sa femme de replanter des arbres dans sa région natale, dans son domaine. Depuis plus de deux millions d'arbres ont été plantés. 

A un moment j'ai décidé de retourner à la terre, dans ma région. Il n'y avait plus de forêt pratiquement. Il fallait replanter la forêt. Avec mon retour à la nature, j'ai compris que la vie est composée de milliers d'espèces et j'ai voulu photographier tout cela, en espérant que mes photographies servent à quelque chose.

En savoir plus : Sebastião Salgado : 50 nuances de noir et blanc

Pour aller plus loin, une sélection d'Annelise Signoret : 

Agence photographique dédiée au travail de Sebastião Salgado.

Sebastião Salgado a été élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en avril 2016, au fauteuil de Lucien Clergue.

Pages consacrées à Salgado sur le site de la Galerie Polka.

Sebastião Salgado : Entretien avec Alain Genestar à la BPI.

Marion Gautreau : Le regard de Sebastião Salgado sur les -travailleurs de la mine de Serra Pelada (1986) : esthétique d’une servitude moderne, in Caravelle, n°111, 2019.

Pause photographique de Sebastião Salgado racontée par Stéphane Lavoué, photographe, sur le site d’arte.tv.

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Références

L'équipe

Anaël Pigeat
Production
Nathalie Lempereur
Collaboration
Clotilde Pivin
Réalisation