Portrait de l'écrivain Simonetta Greggio, à Chanceaux-près-Loches, à l'occasion de l’événement littéraire La Forêt des livres
Portrait de l'écrivain Simonetta Greggio, à Chanceaux-près-Loches, à l'occasion de l’événement littéraire La Forêt des livres
Portrait de l'écrivain Simonetta Greggio, à Chanceaux-près-Loches, à l'occasion de l’événement littéraire La Forêt des livres - Eric Fougere/VIP Images/Corbis
Portrait de l'écrivain Simonetta Greggio, à Chanceaux-près-Loches, à l'occasion de l’événement littéraire La Forêt des livres - Eric Fougere/VIP Images/Corbis
Portrait de l'écrivain Simonetta Greggio, à Chanceaux-près-Loches, à l'occasion de l’événement littéraire La Forêt des livres - Eric Fougere/VIP Images/Corbis
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Résumé

Simonetta Greggio parle avec une grande délicatesse de son enfance, de l'écriture, de ses rêves, de l'amour, de l'état dans lequel on vit lorsque l'on écrit.

avec :

Simonetta Greggio (Ecrivain).

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Quand je suis arrivée à Paris, j’ai été m’inscrire à l’École des hautes études, car Milan Kundera y enseignait. J’avais impression que si je côtoyais de très près un écrivain, peut-être que comme j’attrapais des papillons petite fille, la poudre des ailes me resterait sur les doigts et que j’apprendrais ce qu’il fallait faire et être pour devenir un écrivain. J’avais un imaginaire de très jeune fille. Dans cette candeur arrivent des miracles. 

Simonetta Greggio, qui vous a transmis la poudre magique qui permet d’ouvrir la bouche ? 

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C’est ma mère, comme pour Colette ou Elsa Morante ; il y a ces mères qui sont des écrivains dans l’âme et qui vous font des sortes d’injonction. Ma mère m’a appris à écrire, à lire quand j’étais enfant. J’étais tellement heureuse qu’elle me transmette cette magie que j'ai très vite commencé à écrire. À 4 ans, je me suis attelée à un conte sur le sapin de Noël. Il me semblait une injustice totale qu’on le jette après l'avoir fêté. La poudre magique, elle venait de là. C'est ce que j’appelle la poudre magique.

Ma mère a eu envie que je fasse tout ce qu’elle n’avait pas fait. Elle a eu envie que je sois libre, que je sois écrivain, que je ne fasse pas d’enfants.

Écrire est une nécessité absolue. J’ai appris à écrire en écrivant.

Simonetta Greggio nous décrit son rapport à la langue française :

Je pense qu’il reste quelque chose de non français dans mon écriture. Je crois que c’est dans la cadence, la musique, cette italianité qui m’habite. Je suis un écrivain français mais je suis une femme italienne. Il m’arrive des choses assez étonnantes. Certains jours je ne peux pas parler en français, je ne peux pas écrire en français.

Et de sa formation, insatisfaite :

J’avais des grands rêves quand j’étais gamine. Je voulais faire des grandes études, comme Normal Sup. J’avais l’impression d’être en avance. J’avais déjà tout lu avant les cours. Les autodidactes ont ça de particulier qu’ils font leur propre route. Toute ma vie je m’aperçois que rien ne m’a jamais vraiment convenu. Que je pouvais apprendre toute seule. 

C’est comme si j’avais toujours été un écrivain sans l’être. Et puis d’un coup, mon premier roman a été publié, accepté alors que je n’avais écrit que 50 pages. Il faut la confiance de quelqu’un de professionnel pour commencer. La Douceur des hommes : c’était un besoin absolu. Je n’aurais pas pu aller plus loin. Il fallait que je risque tout. 

Il y a de la magie. Vous n’êtes pas complètement au courant de ce que vous écrivez. Il y a un moment où on ne contrôle pas tout. Et en même temps il faut tout contrôler, mais dans un état second. Quand j'écris, je ressens un sentiment inéluctable d’être pressé, de devoir écrire maintenant.

Il n’y a que dans les histoires d’amour qu’on est aussi fous.

Être écrivain femme change :

Une femme est écrivain mais n’a pas besoin de le démontrer. Elle l’est, c'est tout. Ce n'est pas comme un homme qui doit montrer qu’il l’est. Cela est en train de changer. Mais ça me questionne. 

Références

L'équipe

marie Richeux
marie Richeux
Marie Richeux
Production
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Arnaud Laporte
Coordination
Pascaline Bonnet
Collaboration
Nathalie Lempereur
Collaboration
Clotilde Pivin
Réalisation