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« La France n’a pas peur » répétait Bernard Cazeneuve lundi en réponse à l’appel des djihadistes de l'Etat islamique au meurtre de Français, d'Américains, d'Australiens ou de tout « citoyen des pays entrés dans une coalition » contre l'EI. Dans la foulée de cet appel, lundi, « Jund Al Khalifa » (les soldats du califat) un groupuscule lié aux djihadistes de l'EI, annonçait la capture d’Hervé Gourdel, un touriste français en Algérie près de Tizi-Ouzou. Le groupe menace de le tuer si Paris poursuit ses opérations en Irak.

La France n’a pas peur, mais n’est-ce pas téméraire de se lancer aux côtés des Etats-Unis dans cette guerre qui, selon les propres mots de Barack Obama, « va prendre du temps » ?

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Aujourd’hui s’ouvre en effet une session extraordinaire à l’Assemblée nationale concernant l’engagement de forces armées en Irak après que François Hollande a donné jeudi dernier son feu vert à l’aviation française pour bombarder aux côtés de l’armée américaine les positions de l’Etat islamique en Irak. Le même jour à l’Assemblée était votée une loi anti-terroriste, aux contours disons-le assez flous, loi qui laisse entendre que la France est entrée dans un état d’alerte supérieur face à de possibles attaques terroristes.

Sommes-nous donc aujourd’hui plus exposés à un attentat que nous ne l’étions hier, lorsque l’armée française intervenait au Mali ou en Libye ?

La traque de potentiels djihadistes ne risque-t-elle d’ailleurs pas de conduire à certains amalgames malheureux ? Pour prévenir tout malentendu, l’ensemble des responsables musulmans de France lançaient mardi dernier un Appel condamnant fermement les exactions de l’Etat islamique et mettant sérieusement en garde ceux qui étaient tentés de rejoindre les rangs du djihad.

Enfin, alors même que l’armée américaine bombarde des positions de l’EI en Syrie depuis lundi, Bashar Al Assad, se disait hier déterminé à poursuivre sa « guerre contre le terrorisme » et apportait son soutien aux efforts internationaux dans ce cadre. Faut-il alors comprendre que, sans le vouloir, nous nous sommes ralliés à la cause de Bashar Al Assad et que, même sans avoir peur, cette guerre nous la commençons trop tard ?

L’invité politique de la semaine est Nathalie Goulet . Sénatrice de l’Orne elle est également membre du groupe Union Démocrate et Indépendant – UC au Sénat. En juin 2014, elle obtient la création d’une commission d’enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes en France

En deuxième partie d'émission, **Myriam Benraad, ** **Tareq Oubrou ** et **Abdelasiem El Difraoui ** répondont à la question *: * Faut-il avoir peur des attaques terroristes en France ?

Myriam Benraad ,politologue, est spécialiste de l’Irak et du monde arabe. Elle est chercheuse associée au Centres d'études et de recherches internationales (CERI-Sciences Po) et à l'Institut d'Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM-CNRS).

Nous joindrons également par téléphone** Tareq Oubrou** , imam de Bordeaux ainsi que** Abdelasiem El Difraoui,** journaliste et docteur en sciences politiques. Il est l'auteur de* Al-Qaeda par l’image, la prophétie du martyr* (PUF, 2013).

Claude Guibal, Nathalie Goulet et Myriam Benraad
Claude Guibal, Nathalie Goulet et Myriam Benraad
© Radio France - Antoine Beauchamp

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