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Sarah Kane (1971-1999)
Sarah Kane (1971-1999)

Sarah Kane (1971-1999) © editions Klincksieck

Réalisation Françoise Camar

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Elle a beau être morte très jeune, et il n'y a pas si longtemps, elle fait pourtant, déjà, partie du patrimoine. Sarah Kane , auteur dramatique anglaise, suicidée le 20 février 1999 à l'âge de 28 ans a d'ores et déjà inscrit son nom au fronton du théâtre contemporain. Son nom inscrit aux côtés de ceux d'Harold Pinter, de Samuel Beckett ou d'Edward Bond, elle a, en l'espace de cinq pièces seulement, bouleversé l'idée que l'on pouvait se faire des limites de la représentation. "Blasted" (Anéantis), "L'amour de Phèdre", "Cleansed" (Purifiés), "Crave" (Manque), "4'48 psychose". Cinq pièces, et une langue, une écriture, un univers qui allaient s'imposer au théâtre avec une rare fulgurance. La jeune femme, brillante étudiante universitaire, n'aura eu de cesse de creuser un territoire de violence et d'abjection où les fleurs qui poussent côtoient les corps qu'on ampute. Mélange de beauté et d'horreur, ce théâtre éminemment métaphorique témoigne d'un esprit torturé, en proie à des angoisses indescriptibles. Tourné vers le plus intime de l'être, il atteste aussi des déchirements du monde et si l'humain y est comme dépouillé de sa peau jusqu'à l'os, les guerres sèment elles aussi leur lot de ravages sanglants au fil des pages écrites. Cette dramaturgie du bout du possible, pour reprendre les termes d'Elizabeth Angel-Perez, universitaire à qui l'on doit un très brillant essai consacré aux écritures contemporaines de langue anglaise et que nous recevons dans ces Mercredis du théâtre , cette langue de l'impossible, donc, a déferlé en France avec une rapidité inouïe. Les plus grands metteurs en scène s'en sont emparés, variant les modes de représentation. Certains jouant la carte du naturalisme et frôlant les limites en donnant à voir l'irreprésentable, d'autres préférant l'abstraction et privilégiant la métaphore. De Krystof Warlikowski, metteur en scène de "Purifiés" en 2001, à Simon Deletang, récent maître d'oeuvre à la Comédie de Reims de "Manque", chacun des artistes doit, néanmoins, quelles que soit ses options, affronter les problèmes que posent, sur le plateau, cette écriture pour le moins problématique. Sarah Kane est-elle un auteur à scandale ? Au cours de ces Mercredis du théâtre, nous reviendrons sur l'oeuvre de cette comète trop vite éteinte, la vie d'une étoile filante, soleil noir qui a strié le ciel du théâtre d'un coup de rasoir indélébile. Pour nous accompagner dans l'émission, 4 invités : Krystof Warlikowski et Simon Deletang, metteurs en scène. Le regard amical d'un jeune français qui a travaillé avec Sarah Kane, en Angleterre, James Brandily. Et enfin Elizabeth Angel Perez, dont l'essai, magnifique, "Voyages au bout du possible, les théâtres du traumatisme", permet de situer Sarah Kane au milieu d'une constellation d'auteurs de langue anglaise, constellation nourrie des noms de Samuel Beckett, Edward Bond, Howard Barker, Harold Pinter ou encore Martin Crimp.

** Joëlle Gayot**

Archives sonores INA et 4.48 PSYCHOSE Musique : Ryan Kernoa & Akosh Szelevenyi / Texte : Sarah Kane Conception : Thierry Escarmant / Mise en scène et Chorégraphie : Thierry Escarmant / Interprétation et composition musicale : Ryan Kernoa / Musique improvisée : Akosh Szelevenyi / Texte et Danse : Fanny Avram, Gilbert Traïna, Julie Dardey, Cécile Lefèvre, Laura Petrosino, Guillaume Milhac / Vidéo-projections : Médéric Grandet / Scénographie, Lumières et Assistant : Guillaume Pons / Régies Techniques : Jean-Pierre Legout et Jean-Michel Noel / Graphiste : Jean-Marc Saint-Paul http://www.thierryescarmant.com/et/spip.php?article13

Références

L'équipe

Joëlle Gayot
Production
Françoise Camar
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration