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Ecrits sur le Théâtre / Trad. B Picon-Vallin
Ecrits sur le Théâtre / Trad. B Picon-Vallin

Ecrits sur le Théâtre / Trad. B Picon-Vallin © l'Age d'Homme

Réalisation Françoise Camar Bonjour à tous, et bienvenue pour cette seconde apparition de 15h à 16h, sur France Culture, des Mercredis du théâtre, émission en prise directe avec l'histoire et la pensée du théâtre pour mieux en décrypter l'actualité. S'il semble y avoir des mouvements spontanés de mises en scène, des éclosions brutales d'esthétiques, des irruptions imprévisibles de formes, des apparitions inédites de mode de jeu, le théâtre répond pourtant à des lois très anciennes. Ce que vous voyez aujourd'hui, sur les planches, trouve le plus souvent sa raison d'être dans le génie de quelques artistes précurseurs dont les inventions sont les pièces maîtresses du puzzle vivant qui se déploie chaque soir sous vos yeux. Et s'il en est un avec qui nous devions nécessairement ouvrir ce répertoire des Mercredis du théâtre, car c'est à lui que nos metteurs en scène contemporains doivent, et doivent beaucoup, c'est **Meyerhold, acteur, metteur en scène et théoricien russe du début du 20ème siècle. Meyerhold, retenez bien ce nom : il est l'une des grandes références du théâtre. ** On en parle dans quelques minutes avec Robert Cantarella, metteur en scène, et Béatrice Picon Vallin, chercheuse. Mais avant cela, regard critique sur la semaine écoulée. Quelques minutes pour vous raconter nos soirées au spectacle. Saluons donc l'intelligence avisée de deux lieux parisiens qui ont compris l'avantage qu'il y avait à ouvrir leurs portes fin août début septembre, alors que la place est encore à peu près nette. Côté rive gauche, Théâtre du Lucernaire, jusqu'au 17 octobre 09 : Laurence Février joue et met en scène Suzanne, une femme remarquable. Il s'agit du récit, à la première personne, de la vie et des prises des positions de Francine Demichel, universitaire, femme politique, très engagée dans la défense des droits de la femme. Bref, un spectacle engagé, qui séduira ceux qui aiment un théâtre documentaire, frontal, brut de décoffrage, c'est à dire, et c'est là l'exploit de Laurence Février, qu'on a vraiment le sentiment d'être face à Francine Demichel elle-même et de faire, du même coup, sa connaissance. A l'inverse, coté rive droite, théâtre des Déchargeurs jusqu'au 10 octobre : Pierre Notte, auteur et metteur en scène de son texte, des Couteaux dans le dos, fabrique un spectacle où l'artifice du théâtre est affiché en signature esthétique. On y entend des histoires de famille qui font froid dans le dos et on y suit les désarrois d'une jeunesse échouée sur l'incapacité de vivre. Beaucoup de maitrise chez Pierre Notte, à la fois de sa mise en scène et de l'écriture (quoi que la pièce soit un peu, très, trop... bavarde). Mais surtout, et c'est l'intérêt majeur du spectacle, parmi les cinq actrices, il y en a une, très jeune, et véritablement surdouée, c'est évident, dont la grâce et le talent laissent pantois. Son nom : Jennifer Decker. A suivre de très très près, ce nom de Jennifer Decker... Vsevolod Emilevitch Meyerhold. Nous y voilà. Le voilà. Un russe. Né en 1874 à Penza. Mort exécuté, après avoir été torturé par le parti communiste en 1940, parti dont il était pourtant membre. Merci Staline. Il ne sera réhabilité qu'en 1955. Le monde du théâtre apprendra peu à peu, grâce aux archives de ses textes remises à jour, extirpées du silence et de la censure, traduites en France, et ailleurs, ce qu'il doit à ce génie précurseur, homme de théâtre complet. Et ce qu'il lui doit ce n'est pas rien. Ils le savent bien d'ailleurs, qu'ils soient metteurs en scène, comme Robert Cantarella, ou universitaire et chercheur, comme Béatrice Picon Valin, directrice du laboratoire Art des spectacles au CNRS. Nos deux invités du jour, grâce auxquels, dans ces Mercredis du théâtre, nous allons explorer la pensée littéralement visionnaire de celui qui renversa les perspectives, ouvrant la scène à tous les arts, bousculant le comédien dans son corps, inventant la biomécanique, propulsant l'avant-garde au premier plan et ne cessant de remettre en question les acquis de la veille. Contemporain de Stanislavski , un autre très grand russe dont il fut l'élève, Meyerhold, à l'inverse de son maître, nettoiera les plateaux de toute psychologie et propulsera le et la physique sur les planches. Il est l'alpha et l'omega des formes les plus modernes du spectacle vivant. Ne soyons pas des chiens et rendons à César ce qui est à César. C'est le propos de notre émission aujourd'hui, sur France Culture, avec des témoins qui, eux, ne sont pas des ingrats : Robert Cantarella et Béatrice Picon Vallin.

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L'équipe

Joëlle Gayot
Production
Françoise Camar
Réalisation
Anne de Biran
Anne de Biran
Anne de Biran
Collaboration