Comment, entre deux nuggets, nourrir la jeunesse ?
Comment, entre deux nuggets, nourrir la jeunesse ?  ©Getty - Miguel Sotomayor
Comment, entre deux nuggets, nourrir la jeunesse ? ©Getty - Miguel Sotomayor
Comment, entre deux nuggets, nourrir la jeunesse ? ©Getty - Miguel Sotomayor
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De la difficulté à nourrir la jeunesse avec recette apaisée d’"Eton mess" entre deux salves de nuggets.

Ce matin, je lance un SOS à notre invitée. Ceci est une supplique, que dis-je un message juste avant l’explosion atomique : que faire avec un ado avec qui la bouffe est devenue une guérilla permanente, un combat rapproché, Verdun du matin au soir quand il s’agit de se mettre à table et que l’ado vous fait du beurk à tous les repas ?

Il faut dire qu’entre nous , ça avait plutôt mal commencé. Pour une histoire de tétine inadapté, le nourrisson avait fait une colérique homérique lors de son premier biberon. Je plaide coupable car j’avais oublié la préférence de ce petit homme pour la tétine en silicone plutôt qu’en caoutchouc. Après franchement, ça s’est calmé. On a appris à dompter la bête en lui confectionnant des biberons de lait en poudre aussi chargés qu’un tankiste soviétique à l’heure de l’apéro.

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A l’heure de la diversification alimentaire, on est devenu docteur es purées et compotes. Il faut dire qu’il n’en perdait pas une miette quand on fricassait pour lui, installé dans son fauteuil bébé sur la table de la cuisine. Il écarquillait les mirettes quand on confectionnait des aubergines à la turque ou un bœuf bourguignon. Le summum de la reconnaissance pour nous le père nourricier est arrivé alors qu’il devait avoir trois ans. On était en train de confectionner des koftes, vous savez ces boulettes qui sont l’âme de la cuisine levantine. Alors que l’on était aux fourneaux, il se haussa sur la pointe des pieds pour s’emparer d’autorité d’une boulette, fortement épicée, et de la gober avec un plaisir évident.

Donc tout allait bien. Enfin presque. Les choses ont commencé à se gâter quand il est revenu de l’école en me disant qu’il fallait manger cinq fruits et légumes par jour. Lui, il avait surtout compris cinq fruits. On a vite saisi aussi que la cantine était devenue aussi pour lui une sorte de chasse gardée où les menus aussi mystérieux que la physique quantique donnaient lieu à des échanges sous la table. Genre, je te donne mon entrée contre ton dessert, ma viande contre ton fromage.

Mais le véritable fléau s’est abattu sur la cuisine familiale quand le galapiat a découvert le bras. Vous connaissez le bras ? Le bras est au tacos ce que la grosse Berta fut à l’artillerie : une munition infernale saturée de bidoches, de sauces et de graillons à vous retourner l’estomac de Gargantua. Depuis, donc, c’est Stalingrad en cuisine. On a beau rusé, rien n’y fait : ok il aime les nuggets, alors faisons-les nous-même avec du poulet bio et des flocons d’avoine. Ben non, il préfère toujours la version fast-food. On a même capitulé avec nos sacro-saintes patates sautées auxquelles, il préfère les frites surgelées empestant l’emballage de carton dans lequel il les réchauffe au micro-ondes.

De guerre lasse, on capitule en se résignant à lui faire cuire une gamelle de nouilles qu’il engloutit en ignorant toutes nos questions sur sa compréhension des inéquations ou de l’empire abbasside.

Alors de grâce aidez-moi, avant que je ne commette l’irréparable en montant le son de la chevauchée des Walkyries et que je lâche le napalm en cuisine.

Les jours de trêve, on prépare pour l’ado, un « Eton Mess », un dessert so british dont je  vous ai posté la recette sur le site de France Culture.

La recette de l’Eton Mess

C’est un dessert de saison qui nous vient du prestigieux collège d'Eton et que l'on servait traditionnellement lors des pique-niques familiaux organisés lors des remises des prix de fin d'année. Voici la recette tirée de « Simply british ! », de Penny Holmes, Susan Mallet et Akiko Ida (ed. Marabout, 2004, 68 pages, 7,90 euros).

Il faut pour six personnes : 

  • 75 cl de crème fleurette ; 
  • 300 g de fraises équeutées ; 
  • 2 cuillères à soupe de sucre en poudre ; 
  • 225 g de meringues ; 
  • des feuilles de menthe. 

1. Réserver quelques fraises pour la décoration et écraser la moitié des fruits avec une cuillère à soupe de sucre pour faire un coulis. 

2. Battre la crème fraîche en chantilly avec l'autre cuillère à soupe de sucre. Couper en tranches les fraises restantes. 

3. Casser les meringues en petits morceaux et les incorporer à la chantilly avec les fraises et les trois quarts du coulis. 

4. Mélanger avec modération, la crème devant rester joliment marbrée. 

5. Servir ce dessert frais, dans des coupes en verre, avec le quart de coulis restant et les fraises entières et une feuille de menthe en décoration.