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Deuxième étape d’une semaine qui arpente le commun. **Aujourd’hui nous parlons du lieu commun. Notre invitée, Elsa Marpeau, est auteure de romans policiers, elle publie *Et ils oublieront la colère * (Série Noire/Gallimard). Nous évoquons les lieux communs, les clichés et les stéréotypes, propres à tout genre, et les enjeux d’écriture qui en découlent. Nous interrogeons ces lieux communs, aussi en tant que stigmates de nos « valeurs communes ». **

Elsa Marpeau
Elsa Marpeau
© Radio France

Aujourd'hui, le mot commun désigne ce que nous avons en commun, mais aussi ce qui est répandu, fréquent, courant. Le lieu commun, est pensé par Flaubert, non pas comme quelque chose contre lequel il s’agirait de lutter en écrivant, mais comme quelque chose qu’il s’agirait de souligner, les deux pieds dans le risque. Du lieu commun nous ne sommes jamais loin du cliché ou du stéréotype, deux affaires dont la littérature de genre se joue souvent. On n’en a jamais fini du lieu commun, qui comme le Phénix renait de ses cendres, écrit Antoine Compagnon. Raison de plus pour savoir ce qu’il dit de nous, des fictions que l’on invente, des histoires que l’on se raconte.

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**Elsa Marpeau est écrivain. Ses romans sont publiés dans la collection Série Noire de Gallimard. Le dernier en date, « Et ils oublieront la colère », tisse deux enquêtes. **

Un homme est retrouvé mort dans un village, à l’été 2015, alors qu’il faisait manifestement des recherches sur des faits datant de 1944, femmes tondues et vengeance d’après guerre. L’enquête pour déterminer l’auteur du crime, doit faire la lumière sur l’histoire qui intéressait l’homme tué. La narration est truffée de porosité entre le passé et le présent, dans les parcours de chacun. Comme il est possible de révéler la présence de sang sur un plancher bien des années après, il semble possible, par la littérature, de révéler l’empreinte de l’histoire sur les mœurs, dans les cœurs et dans les familles. Le texte déjoue, défait, autant qu’il approfondit ces choses que nous avons en commun, non sans quelques occurrences politiques.

Avant la fin de l'émission, les nouvelles vagues passent au singulier. Pour cette rubrique, nous demandons à quelqu'un d'identifier un moment de bascule. Un moment marqué par une émotion forte, susceptible d'être partagée. C'est** Alban Lefranc** qui se prête à ce jeu généreux cette semaine. Alban Lefranc écrit des livres. Comme par exemple, le très beau Ring invisible ou Si les bouches se ferment paru aux éditions Verticales. Aujourd'hui il évoque sa découverte de la poésie d'Henri Michaux. Plus, précisément le poème Je suis né troué . Vers 16h45.

**Programmation musicale : **

- La Féline - "adieu l'enfance"-Didier Malherbe - "polar blues"-Daniel Darc -"la taille de mon âme"

Références

L'équipe

Marie Richeux
Marie Richeux
Marie Richeux
Production
Claire Mayot
Collaboration
Inès Dupeyron
Collaboration
Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre
Anne-Laure Chanel
Réalisation