France : les 10 premiers présidents, Louis Napoléon Bonaparte (1848-1851), Thiers, Mac-Mahon, Grévy, Carnot, Casimir-Périer, Faure, Loubet, Fallières, Poincaré.
France : les 10 premiers présidents, Louis Napoléon Bonaparte (1848-1851), Thiers, Mac-Mahon, Grévy, Carnot, Casimir-Périer, Faure, Loubet, Fallières, Poincaré.
France : les 10 premiers présidents, Louis Napoléon Bonaparte (1848-1851), Thiers, Mac-Mahon, Grévy, Carnot, Casimir-Périer, Faure, Loubet, Fallières, Poincaré. ©AFP - desk
France : les 10 premiers présidents, Louis Napoléon Bonaparte (1848-1851), Thiers, Mac-Mahon, Grévy, Carnot, Casimir-Périer, Faure, Loubet, Fallières, Poincaré. ©AFP - desk
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Résumé

En 1983, Dominique Senyer proposait "Trois Républiques : Crises, mutations et réformes de l’Etat depuis 1870" une série de cinq émissions dont la première s'intitule : "1870-1914, La République s’enracine" avec les historiens René Rémond et Odile Rudelle et le politologue François Goguel.

avec :

Odile Rudelle (Historienne (1936-2013)), René Rémond (Historien (1918-2007), spécialiste des droites en France).

En savoir plus

Il est devenu assez commun en France de s’interroger sur les fortunes diverses de nos régimes politiques. Selon les époques et la tendance on soulignera tantôt la continuité entre la monarchie et nos institutions actuelles, tantôt le génie de nos Républiques successives. 

Cette série de cinq émissions a un double intérêt, premièrement elle limite ses analyses aux trois dernières Républiques, de 1870 au début aux années 1980. Un gros siècle, qui fut la matrice de toutes nos traditions politiques actuelles. Elle est aussi intéressante à réécouter aujourd’hui parce qu’elle fut réalisée en 1983. Une année capitale de notre histoire récente. Avec un socialiste installé à l’Elysée pour "changer la vie", mais déjà un pays plongé dans le marasme du tournant de la rigueur. 

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Quel regard portait-on alors sur la période dans laquelle la République s’est enracinée, à savoir 1870-1914 ? C’est ce que nous découvrons à travers les propos de René Rémond, François Goguel et Odile Rudelle, les invités de ce premier volet intitulé La République s’enracine.

René Rémond, François Goguel : 

En 1871 la société française est sous le choc de la défaite, c’est une société à très grande majorité rurale. (...) A cette prédominance rurale et à cette infériorité des villes correspond un partage des opinions politiques qu'on a bien vu à la dernière consultation avant la guerre de 70 qui est le plébiscite où la majorité du pays rural renouvelle sa confiance à l’Empire. Ce sont les villes qui manifestent des opinions dissidentes qui s’exprimeront plus brutalement encore à Paris avec la Commune. L'essentiel du point de vue des institutions : la France n’en n’a pas. Les institutions de l’Empire se sont écroulées, on revient à ce système d’assemblée constituante qui concentre en elle-même tous les pouvoirs.

Adolphe Thiers sera le premier président de la Troisième République, en 1873 il est remplacé par le Maréchal de Mac Mahon, d'obédience légitimiste, dont le mot d'ordre est un retour à l'ordre moral et aux valeurs religieuses.  Puis c'est Jules Grévy qui devient président de la République le 30 janvier 1879, à la suite de la démission de Mac Mahon, Grévy est le premier républicain à exercer cette fonction. A partir de 1885, le régime est inquiété par le mouvement boulangiste, mené par Georges Boulanger, militaire qui devient ministre de la Guerre et se rend populaire par ses réformes et son discours belliqueux. 

Odile Rudelle :

Le boulangisme n'a pas très bonne réputation dans la tradition républicaine. Pourquoi ? Parce que le boulangisme a fait peur. Quand la peur s'est dégonflée pour se donner du coeur les gens ont voulu rire de leur peur. 

Derrière Boulanger vont s'amalgamer des éléments venus de la gauche et des éléments venus de la droite.

Les républicains décident de passer à la contre-attaque menée par Jules Ferry. Ils entreprennent une grande campagne en disant : "bien sûr Boulanger gagne les élections, mais il se conduira comme Louis-Napoléon, c'est-à-dire qu'il commencera par gagner les élections et, après, il fera son coup d'état".  

Boulanger subira une expulsion physique, mais aussi politique, de la part des républicains. "On va lui retirer l’instrument de son succès : le scrutin départemental. Tactiquement les républicains avaient réussi", conclu l'historienne.  

Avec des lectures par François Chaumette, Didier Conti, Philippe Derrez et Gaëtan Jor. 

  • Par Dominique Senyer
  • Trois Républiques : Crises, mutations et réformes de l’Etat depuis 1870 : 1/5 - 1870-1914, La République s’enracine (1ère diffusion : 21/05/1983)
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France 
Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration