Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans leur atelier à Paris, en 1967.
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans leur atelier à Paris, en 1967.
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans leur atelier à Paris, en 1967. - KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans leur atelier à Paris, en 1967. - KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans leur atelier à Paris, en 1967. - KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho
Publicité
Résumé

Dans ce deuxième entretien de 1991, Niki de Saint Phalle revient sur la naissance et l’évolution de ses Nanas qui l’ont rendue si célèbre, sur ses techniques de création et ses inspirations artistiques. Elle évoque aussi sa collaboration avec Jean Tinguely faite d’opposition et de complémentarité.

avec :

Niki de Saint Phalle (artiste franco-américaine (1930-2002)).

En savoir plus

Mariée dès l'âge de 18 ans avec le poète Harry Mathews, Niki de Saint Phalle a très tôt voulu échapper à sa famille aux traditions bourgeoises très pesantes. Dans ce deuxième temps de la série “A voix nue”, elle parle de sa “rage” contre la société, la famille bourgeoise et le “marché du mariage”. Elle confie se sentir particulièrement heureuse et soulagée d’avoir pu exercer cette colère à travers des moyens artistiques, car elle aurait tout aussi bien pu la transformer en actions violentes.

La naissance des Nanas “joyeuses et danseuses”

L’artiste plasticienne raconte ses premiers personnages notamment les mariées comme des personnages de femmes soumises. Elles préfiguraient ce que sont devenues vers la fin des années 1960, les Nanas “joyeuses et danseuses” enfin dégagées de cette rage qu’elle évoquait au début de l’entretien. Très attirée par les matériaux qui provoquent des émotions, Niki de Saint Phalle utilisait différentes techniques comme de la laine, du plâtre et du grillage. Elle reconnaît avoir été étonnée du succès rencontré par ses Nanas, elle pense qu’elle a su être en phase avec son temps, ce qui est rare pour un artiste, estime-t-elle. “C’est un concours de circonstances” qui a fini tout de même par l’agacer un peu car cette popularité des Nanas a eu tendance à occulter le reste de son œuvre.

Publicité

“Le destin de ma vie c’était de faire des choses pour l’extérieur”

Sans avoir eu de formation artistique, elle confie que sa “vraie école ça a été les cathédrales, les tableaux du XIVème siècle en Italie”. Mais elle qui se considère comme une “aventurière” a toujours cherché à évoluer, à arrêter un processus créatif pour aller vers d’autres horizons. Il lui a fallu parcourir un long chemin du point de vue technique et artistique pour arriver à accomplir ce qui était finalement son destin : réaliser des créations d’extérieur.

Son aventure artistique avec Jean Tinguely

A partir du moment où ses Nanas deviennent des sculptures monumentales et d’extérieur, Niki de Saint Phalle travaille avec l’artiste Jean Tinguely qui ajoute des mécanismes à l’intérieur des Nanas. C'est avec une émotion sincère qu’elle évoque “l'extraordinaire aventure artistique” qu'elle partage avec Jean Tinguely, son mari depuis 1971, aventure qu’elle considère comme “unique”. Tout en ayant des pratiques artistiques opposées, elle y voit une complémentarité qui s'inscrit à travers le jeu. Parmi leurs nombreuses collaborations, elle raconte celle de la Fontaine Stravinsky à côté du Centre Pompidou dont l’aménagement avait été demandé initialement à Jean Tinguely. Mais en voyant le lieu, il eut envie de couleurs et s’est tourné vers elle. Elle s'est alors mise à créer des œuvres colorées par dizaines, et lui “venait faire son shopping”, se souvient-elle avec amusement.

  • Par Jean Daive
  • Réalisation Clotilde Pivin
  • A voix nue - Niki de Saint Phalle 2/5 : Après les premiers tirs (1ère diffusion : 28/05/2002)
Références

L'équipe

Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration
Mathias Le Gargasson
Production déléguée