Lou Andreas-Salomé, inspiratrice de la "modern Frau", la femme moderne : épisode 2/2 du podcast Lou Andreas-Salomé, la revendication d'un moi féminin libre

Lou Andreas-Salomé avec Rainer Maria Rilke en visite chez le poète russe Spiridon Drozhzhin, en 1900.
Lou Andreas-Salomé avec Rainer Maria Rilke en visite chez le poète russe Spiridon Drozhzhin, en 1900. ©Getty - Photo by Fine Art Images/Heritage Images
Lou Andreas-Salomé avec Rainer Maria Rilke en visite chez le poète russe Spiridon Drozhzhin, en 1900. ©Getty - Photo by Fine Art Images/Heritage Images
Lou Andreas-Salomé avec Rainer Maria Rilke en visite chez le poète russe Spiridon Drozhzhin, en 1900. ©Getty - Photo by Fine Art Images/Heritage Images
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En 2018, la femme de lettres et psychanalyste Lou Andreas-Salomé est le sujet d'une série "Avoir raison avec" en cinq épisodes. Dans les deux derniers volets Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, et Isabelle Mons, enseignante en littérature analysent sa vie et son oeuvre.

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De sa pensée sur l'ego et les pulsions, de ses discussions sur la maladie et la névrose avec Freud et de sa pratique de la psychanalyse, que sait-on, au fond, de Lou Andreas-Salomé ? Elisabeth Roudinesco, psychanalyste, évoque cette œuvre et cette vie en forme d'auto-analyse, dans le quatrième volet de la série "Avoir raison avec" de Géraldine Mosna-Savoye : "on ne peut pas ne pas admirer Lou Andreas-Salomé. Sa vie est un roman. Le personnage est romanesque. Elle a une rébellion de type nietzschéen. Elle préfigure l'émancipation des femmes."

Lou Andreas-Salomé cherche dans la psychanalyse l'aventure. Elle ne cherche pas à se réconcilier avec elle-même, ou à aller mieux parce qu'elle a eu une enfance malheureuse. Elle a un rapport d'affection avec la psychanalyse. Elle reçoit énormément de patients. Elle se passionne pour l'histoire des gens. Elle trouve que Freud n'est pas assez dans la philosophie de la vie. Lou Andreas-Salomé est moins conformiste que Freud, échappe à toutes les règles. Dans les cures avec ses patients, elle mélange l'amitié, l'empathie. Elle a une grande bienveillance, elle est moins dure que Freud : "il y a la souplesse de la féminité" souligne Elisabeth Roudinesco.

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Elle positive son rapport à la névrose. Elle ne la moralise pas : "elle a cette attitude qui est que les faiblesses, les failles, les souffrances, que même les maladies du corps peuvent être positivées. Freud n'est pas du tout là-dedans."

Lou Andreas-Salomé prône l'individualisme nietzschéen. Elle ne croit pas au destin des révolutions. Elle croit aux rébellions individuelles, à la capacité de chacun à s'élever.

Dans le cinquième et dernier volet de cette série, Isabelle Mons, docteur en littérature comparée, auteur d'une biographie de Lou Andreas-Salomé, s'interroge sur la vie et l'écriture de celle qui a écrit et décrit l'existence sous toutes ses formes, celle des autres jusqu'à la sienne, du romanesque au plus vrai : "l'écriture du moi est toujours un objectif dominant dans l'écriture de Lou Andreas-Salomé. Mais elle s'essaye à plusieurs terminologies".

Il y a deux manières de travailler le moi par l'écriture chez Lou Andreas-Salomé : d'une part, le moi presque objectif, scientifique par les textes théoriques. Et le moi qui passerait par un détour, par l'imagination, par la fiction. La fiction comprend l'écriture d'un moi qui s'ignore et d'un moi conscient.

Ses textes défendent la cause des femmes. Mais elle n’adhère pas aux associations féministes, de l'époque qui revendiquent un féminisme au dépend de l'homme. Le texte de 1899 L'Humanité de la femme et celui de 1910 L'Erotisme intriguent pourtant les courants féministes et les convainquent de reconnaître qu'ils contiennent l'identité de la modern Frau, de la femme moderne.

  • Par Géraldine Mosna-Savoye
  • Réalisation : Nicolas Berger
  • Avoir raison avec - Lou Andreas-Salomé 2/2 : -4 : Lou Andréas Salomé, psychanalyste, -5 : Le roman d'une vie (1ère diffusion : 09 et 10/08/2018)
  • Edition web : Sabine Bonamy, Documentation sonore de Radio France

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