Caroline Champetier dans son appartement à Paris, le 31 janvier 2014
Caroline Champetier dans son appartement à Paris, le 31 janvier 2014
Caroline Champetier dans son appartement à Paris, le 31 janvier 2014 ©AFP - Fred Dufour
Caroline Champetier dans son appartement à Paris, le 31 janvier 2014 ©AFP - Fred Dufour
Caroline Champetier dans son appartement à Paris, le 31 janvier 2014 ©AFP - Fred Dufour
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Résumé

Dans ce deuxième entretien accordé à Albane Penaranda à l’occasion de la nuit qui lui est consacrée, Caroline Champetier évoque l’influence des photographes sur son travail, raconte le tournage du film "Shoah" de Claude Lanzmann et revient sur sa collaboration marquante avec Godard.

avec :

Caroline Champetier (Directrice de la photographie), Claude Lanzmann (journaliste, écrivain, cinéaste (1925-2018)).

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En tant que directrice de la photographie au cinéma, Caroline Champetier entretient forcément un rapport très particulier et intime à la photographie d’images que l'on dit fixes. Elle exprime sa relation à cet art et évoque notamment l’influence de photographes comme Walker Evans et Nan Goldin sur son travail au cinéma.

Quand une photo m’arrête comme un film pourrait m’arrêter, là je me pose des questions. Je suis très impressionnée par la puissance de certains photographes.

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Elle revient sur le tournage du film Shoah de Claude Lanzmann, dont elle n'avait pas mesuré l’importance à l'époque. Ce n’est que rétrospectivement qu’elle s’est rendue compte que le travail sur ce film l’avait profondément marquée et changée.

Je vivais le tournage de "Shoah" comme une jeune fille de vingt ans peut vivre quelque chose dont elle est totalement étrangère (…) J’ai tout appris de ce qu’était la catastrophe dont "shoah" est le terme en hébreu, et en même temps j’apprenais mon métier, j’apprenais le monde parce que j’ai dû voyager. Cela m’a formée, cela m’a faite (…), je ne peux que mesurer l’écart de conscience qui était la mienne à ce moment-là et celle que j’ai maintenant.

En tant que fille d’architecte, le travail sur l’espace résonne de manière très naturelle chez Caroline Champetier. Elle évoque d’ailleurs, d’un ton amusé, le lien entre son activité et celle de son père. Passionnée d’urbanisme, elle s’intéresse particulièrement au travail d’Alexandre Chemetoff dont elle admire les réalisations sur l’île de Nantes notamment.

Chemetoff a fait une école de paysagisme avant de faire de l’urbanisme et de l’architecture, tout ce que j’aurais aimé faire. (…) Mon père faisait des plans, moi aussi je fais des plans. Ces plans n’ont rien à voir mais en même temps c’est de l’espace et du temps, l’architecture aussi c’est de l’espace et du temps.

Elle retrace en fin d’émission sa collaboration avec Jean-Luc Godard, et explique en quoi cette période a été extrêmement formatrice pour elle. Au sein de la petite équipe de Peripheria, elle jouissait d’une grande liberté. Très polyvalente dans cette petite société de production, elle a pu y pratiquer la plupart des métiers liés à la technique du cinéma.

Ce moment de Peripheria est un moment de production assez heureux, j’y ai tout appris. J’avais tous les gestes à faire. Je n’avais pas d’équipe, j’étais ma propre équipe.

  • Par Albane Penaranda 
  • Réalisation Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Etienne Rouch, Documentation Sonore de Radio France
  • La Nuit rêvée de Caroline Champetier - Entretien 2/3 (1ère diffusion : 06/06/2021)
8 min
Références

L'équipe

Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation