Portrait de Champollion par Léon Cogniet (1831).
Portrait de Champollion par Léon Cogniet (1831). - Musée du Louvre
Portrait de Champollion par Léon Cogniet (1831). - Musée du Louvre
Portrait de Champollion par Léon Cogniet (1831). - Musée du Louvre
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Cette troisième émission d'une série dédiée à l'écriture hiéroglyphique porte sur la personnalité de Champollion, savant génial qui s'est très jeune passionné pour l'Egypte et les écritures anciennes. Il est celui qui déchiffra la pierre de Rosette mais fut aussi un promoteur de l'art égyptien.

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Dans une précédente émission d"A la recherche d'une écriture perdue, Champollion et les hiéroglyphe", il a été présenté quelques spécificités de l'écriture égyptienne, sa place dans la vie sociale, sa disparition avec la christianisation, puis avec l'islamisation de l'Egypte et l'intérêt et la curiosité qu'elle avait suscité au cours des siècles jusqu'à un moment décisif, celui de l'expédition en Egypte de Napoléon au nom de la Révolution française. Il faut bien voir que l'Égypte à cette époque de la toute fin du 18ème siècle représente une sorte de mirage, de rêve d'aventure, c'est la promesse d'une épopée. C'est alors qu'intervient le nom de Champollion, d'abord Jacques-Joseph, candidat malheureux qui n'a pas été retenu pour participer à l'expédition scientifique. Son jeune frère, Jean-François, alors âgé de seulement sept ans mais très proche de son frère aîné, en sera profondément marqué.

Champollion, enfant prodige

Jean-François Champollion, ou Champollion le jeune, est un enfant prodige qui apprend seul, sans aller à l'école. "C'est un enfant prodige qui est hanté déjà par l'Antiquité. Il lit L'Iliade et L'Odyssée à l'âge où nos enfants lisent plutôt des bandes-dessinées. Il est complètement passionné par l'Antiquité", nous apprennent les invités Christiane Ziegler, conservateur au musée du Louvre et Alain Zivie, chercheur au Cnrs. Champollion connaît plusieurs langues anciennes comme le grec, le latin mais aussi l'hébreu et l'arabe. Il se prépare, nous explique-t-on, très jeune à pouvoir comprendre un jour l'écriture des Egyptiens, c'est son but. Pour parvenir à cet objectif, il lui fallait apprendre le copte, Champollion avait la certitude que la clé des hiéroglyphes passait par le copte. Il maîtrisait si bien cette langue qu'il disait penser et se parler à lui-même en copte.

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La pierre de Rosette, clé du déchiffrement des hiéroglyphes

C'est grâce à la découverte dans la ville de Rosette, lors de la campagne d'Egypte napoléonienne en 1799, d'une pierre gravée d'un même texte écrit en hiéroglyphes, en démotique et en grec que l'écriture égyptienne fut révélée. Cette pierre de Rosette restera toujours associée au nom de Champollion et au déchiffrement des hiéroglyphes. D'autres savants ont essayé avant lui raconte Alain Zivie, "des gens aussi doués et intelligent qu'ils fussent n'étaient pas préparés à affronter réellement ce problème difficile de l'écriture hiéroglyphique, et très vite, ils se sont trouvés dans des impasses." L'un de ses freins était de croire que l'écriture hiéroglyphique était symbolique et il faut attendre le travail de Champollion pour avancer vers une autre voie. En 1822, il présente sa découverte d'un système de déchiffrement et en 1824 il publie le Précis du système hiéroglyphique qui ouvre la porte à une nouvelle égyptologie scientifique.

59 min

Champollion, une personnalité diverse

En plus de son intérêt pour les hiéroglyphes, Jean-François Champollion était aussi un artiste de son temps qui écrivait des pièces de théâtre, qui était aussi engagé politiquement. Il s'intéressait beaucoup à l'art égyptien et lors d'un voyage de trois mois là-bas, il ramène pour Le Louvre, des chefs-d'œuvre. C'est à lui que l'on doit la section égyptienne du musée créée en 1826. Cela marque le démarrage de la France dans l'égyptologie et réhabilite l'art égyptien aux yeux d'historiens de l'art qui ne s'intéressaient qu'à l'art gréco-romain et considéraient l'art égyptien comme barbare. Champollion, ébloui par la splendeur de ses découvertes archéologiques lors son voyage, aura à cœur de transmettre cet art en France. Il était le contraire d'un "savant desséché" conclue Alain Zivie, il possédait une grande sensibilité artistique. Il meurt jeune à 41 ans en 1832 et n'eut pas le temps de s'engager plus notamment dans ses cours d'archéologie qu'il donnait au Louvre.

53 min
59 min
  • Par Claude Ernoult
  • Réalisation : André Mathieu
  • Avec Christiane Ziegler et Alain-Pierre Zivie
  • Un pays, une histoire - A la recherche d'une écriture perdue, Champollion et les hiéroglyphes 3/5
  • 1ère diffusion : 15/08/1984
  • Archive INA/Radio France

En partenariat avec le journal La Croix

L'équipe

Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production
Mathias Le Gargasson
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Antoine Dhulster
Production déléguée
Anne de Biran
Anne de Biran
Anne de Biran
Collaboration