Le sculpteur suisse Jean Tinguely travaillant sur une sculpture, en 1972
Le sculpteur suisse Jean Tinguely travaillant sur une sculpture, en 1972 ©Getty - Monique JACOT/Gamma-Rapho
Le sculpteur suisse Jean Tinguely travaillant sur une sculpture, en 1972 ©Getty - Monique JACOT/Gamma-Rapho
Le sculpteur suisse Jean Tinguely travaillant sur une sculpture, en 1972 ©Getty - Monique JACOT/Gamma-Rapho
Publicité

En 1987 à Venise, Pierre Descargues interrogeait Pontus Hulten, Arman, César et Jean Tinguely sur les lieux de la rétrospective consacrée au sculpteur suisse, le Palazzo Grassi et l’église San Samuele.

Avec

En 1987, Pontus Hulten, conservateur et historien d’art suédois, offre à son vieil ami Jean Tinguely, le Palazzo Grassi comme cadre pour la première rétrospective de son œuvre. A Venise, Pierre Descargues rencontre Jean Tinguely, Pontus Hulten, ainsi que deux vieux copains Arman et César, qui disent l'un et l'autre leur immense admiration pour le travail de Tinguely.

Devenue son ex-compagne, Niki de Saint Phalle dressait un touchant portrait de Jean Tinguely dans le catalogue de l’exposition :

Publicité

Son génie transparait dans sa présence physique, dans sa manière de parler qui est originale, paradoxale, drôle et persuasive, Une de ses grandes forces est de ne pas craindre le ridicule et de toujours s’exprimer librement aussi bien dans la vie que dans son travail. Et comme ses machines, il est toujours en mouvement. Jean est un être fascinant, sans égal, doté d’une vitalité qui épuise tout le monde, lui y compris car il n’est guère indulgent avec lui-même (…) Il a été mon amour, mon compagnon de travail mais aussi mon rival.

Quatre ans avant sa disparition, alors qu'il avait été opéré du cœur, avec énergie, poésie, enthousiasme et humour, Jean Tinguely décrivait sa démarche artistique, pointant son goût de l’éphémère et révélant sa peur de la panne et de la mort.

J’essaie de me dépasser, de me surpasser tout en étant un artiste libre, surtout sensible à notre civilisation mécanique, infernale. J’amène cette civilisation de l’absurde, du machinisme, dans cette ville de grande civilisation du passé, cette ville de fioritures, ville de la Méditerranée, où moi je viens avec ces résidus, ces objets trouvés, réanimés parfois cruellement comme dans l’église.

Pour moi le mouvement existe par rapport au non-mouvement, c’est comme la vie par rapport à la non-vie. (…) J’ai peur de la mort, je veux vivre très fortement par mes machines.

Le sculpteur Arman :

Une sculpture de Tinguely a l’avantage d’être aussi belle quand elle bouge que quand elle ne bouge pas.

  • Par Pierre Descargues
  • Réalisation : Jacques Béraud
  • Avec Jean Tinguely, Pontus Hulten, Arman et César - Lecture du texte de Niki de Saint Phalle par Anne Vartel - Documentaire d'été : Rétrospective Jean Tinguely à Venise au Palazzo Grassi et à l'église San Samuele (1ère diffusion : 02/08/1987)
  • Indexation web : Véronique Vecten, Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

L'équipe