L'activiste Angie Goodings manifeste le 11 mars 2008 pour empêcher les saisies ("forclose") de maisons du fait de la hausse des intérêts des prêts subprimes.
L'activiste Angie Goodings manifeste le 11 mars 2008 pour empêcher les saisies ("forclose") de maisons du fait de la hausse des intérêts des prêts subprimes. ©Maxppp - MATTHEW CAVANAUGH/EPA
L'activiste Angie Goodings manifeste le 11 mars 2008 pour empêcher les saisies ("forclose") de maisons du fait de la hausse des intérêts des prêts subprimes. ©Maxppp - MATTHEW CAVANAUGH/EPA
L'activiste Angie Goodings manifeste le 11 mars 2008 pour empêcher les saisies ("forclose") de maisons du fait de la hausse des intérêts des prêts subprimes. ©Maxppp - MATTHEW CAVANAUGH/EPA
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Dans ce numéro de “Entendez-vous l’éco”, l’anthropologue et expert financier Paul Jorion nous propose une radiographie de la crise des subprimes, dix ans après son début à l’automne 2008. L’occasion de comprendre les rouages d’une crise complexe entre catastrophe humaine et faillite boursière.

Avec
  • Paul Jorion Anthropologue, économiste et professeur associé à la chaire Ethique et transhumanisme à l’université catholique de Lille

La crise des subprimes de 2008 est une crise financière sans nul autre pareil. Elle apparaît aux Etats-Unis au printemps 2006 lorsque la bulle immobilière éclate et que les gens sont expulsés de chez eux par centaines de milliers, incapables de rembourser des prêts dits “rapace” que l’on a laissé délibérément mettre en place pour accroitre artificiellement l’épargne des ménages. L'accession à la propriété fait partie non seulement du rêve des classes populaires mais c’est aussi un facteur de stabilité démontré, une assurance de paix sociale dans certains quartiers, comme l’explique l’invité de “Entendez-vous l’éco “, l’anthropologue et économiste Paul Jorion.

Les régulateurs des marchés financiers n’ont pas fonctionné et ont préféré laisser filer les profits immédiats. Les produits financiers créés à partir de ces prêts grâce à la titrisation et achetés par des banques partout dans le monde causent en grande partie l’écroulement des bourses mondiales.

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L'Invité des Matins
16 min

D’après Paul Jorion, “on a parfaitement compris ce qu’il s’est passé et on sait parfaitement ce qu’il aurait fallu faire”, mais on n’a pas réagi pour des raisons politiques. Le monde de la finance a repris le dessus aux USA et rien n’a été profondément modifié. Barack Obama n’a pas lancé une sorte de “New Deal” pour recapitaliser les emprunts immobiliers et sauver le système. “On a vu apparaître en surface les rapports de force qui existent au sein de nos sociétés et il ne suffit pas de savoir quelles sont les solutions, il faut du politique pour les mettre en application”, conclut l'anthropologue Paul Jorion.

Retrouvez l'ensemble de la Nuit  Krachs boursiers : la crise du capital

  • Par Tiphaine de Rocquigny
  • Avec Paul Jorion (anthropologue)
  • Réalisation Elisabeth Miro
  • Entendez-vous l'éco ? - La crise, 10 ans après, 2 : radiographie de la crise des subprimes
  • Première diffusion : 28/08/2018

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