Portrait de l'écrivain Joseph Kessel, vers 1970.
Portrait de l'écrivain Joseph Kessel, vers 1970.  ©Getty - Photo by Jean-Pierre REY/Gamma-Rapho via Getty Images
Portrait de l'écrivain Joseph Kessel, vers 1970. ©Getty - Photo by Jean-Pierre REY/Gamma-Rapho via Getty Images
Portrait de l'écrivain Joseph Kessel, vers 1970. ©Getty - Photo by Jean-Pierre REY/Gamma-Rapho via Getty Images
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Au micro du journaliste Paul Guimard, Joseph Kessel raconte sa vie d’aventures dans une série d’entretiens diffusés sur la Chaîne Nationale au printemps 1956. Dans les volets 4, 5 et 6, il évoque les exilés russes à Paris dans les années 1920 et ses reportages en Palestine en 1926 et en 1948.

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Dans cette deuxième série d'entretiens (volets 4 à 6), Joseph Kessel se souvient de ses reportages réalisés au début des années 1920 à Paris, au sein de la communauté russe émigrée. Une société entière qui avait fui la révolution bolchévique, et qui était composée de cosaques, d’artisans, de médecins ou d’écrivains, dont la plupart ne parlait même pas le français. 

Il y avait tellement de russes émigrés à Paris dans les années 1920-1925, qu’ils auraient pu former à eux seuls une assez grande ville.

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Avec ses mots bien choisis et très évocateurs, Joseph Kessel emmène l’auditeur sur les pentes de Montmartre ou dans le quartier de Pigalle, à la rencontre de ces réfugiés russes, ces "Russes blancs" qui festoyaient dans l’euphorie de l’après-guerre parisienne, dans des boîtes de nuits surchauffées, des restaurants sans nombre d’où s’échappaient les mélodies mélancoliques des violonistes tsiganes.

Cette communauté de réfugiés russes avait importé en France une tradition de fête avec ses tziganes ou ses princes déchus, travaillant comme portiers ou chauffeurs de taxis.

Au cœur de cette tribu déracinée, Joseph Kessel trace les portraits de quelques personnalités russes croisées à Paris, notamment le neveu de Léon Tolstoï, "d’une beauté saisissante", qui était cuisinier dans un restaurant caucasien, mais aussi l’acteur Chaliapine ou le prince Félix Youssoupoff, "aux mains disproportionnées", qui fut le meurtrier de Raspoutine.

"C’est la fréquentation des milieux russes parisiens qui m’a amené en Palestine, confie Joseph Kessel. En particulier Salomon Poliakov, un éminent journaliste et auteur dramatique, passionné par le sionisme. 

A l’époque le mot 'sionisme' était vide de sens pour moi, et c’est Poliakov qui me l’a fait comprendre.

Grand témoin des différentes étapes de la création et du développement de l’état d’Israël à travers des reportages réalisés en Palestine en 1926 et en 1948, Joseph Kessel donne un aperçu de ces hommes, femmes et enfants plongés dans cette aventure, composée notamment, dans les premiers temps, d’émigrés volontaires russes. 

Ce n’était pas les idées qui m’attiraient, c’était surtout l’histoire de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants.

  • Par Paul Guimard 
  • Entretiens avec Joseph Kessel, témoin parmi les hommes 2/4 : Parties 4 à 6 (1ère diffusion : les 06, 13 et 20/04/1956 Chaîne Nationale)
  • Indexation web : Sylvain Alzial, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée