Rosa Luxemburg (1871-1919) donnant un discours lors de la Seconde Internationale à Stuttgart en 1907.
Rosa Luxemburg (1871-1919) donnant un discours lors de la Seconde Internationale à Stuttgart en 1907.
Rosa Luxemburg (1871-1919) donnant un discours lors de la Seconde Internationale à Stuttgart en 1907. ©Getty - Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images
Rosa Luxemburg (1871-1919) donnant un discours lors de la Seconde Internationale à Stuttgart en 1907. ©Getty - Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images
Rosa Luxemburg (1871-1919) donnant un discours lors de la Seconde Internationale à Stuttgart en 1907. ©Getty - Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images
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Résumé

En avril 1967, l'émission "Analyse spectrale de l’Occident" consacrait un numéro à "L'idée européenne et l'internationalisme de 1871 à 1914", avec Jean-Baptiste Duroselle et Annie Kriegel ainsi que de nombreuses lectures d'extraits d'œuvres de Victor Hugo, Nietzsche, Renan et Georges Sorel.

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Bien avant les réalisations du plan Schuman, l’Europe était une idée dont on peut situer l’origine au XIXe siècle.  

Après les convulsions des guerres napoléoniennes, lors du Congrès de Vienne, les puissances s’accordent sur le redécoupage de la carte de l’Europe, mais ces accords se font le plus souvent contre la volonté des peuples. 

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La suite est connue : le réveil des nationalismes tout au long des décennies qui suivent, le printemps des peuples et la prise de conscience, partout, de la nécessité d’unifier le vieux continent pour lui épargner de futurs conflits…  

Comment donc réaliser l’Europe pour tourner le dos à des siècles de conflit ? Le projet européen peut-il autre chose qu’une espèce de traité de paix perpétuelle entre des puissances qui resteraient au fond antagonistes ?

Au micro de Pierre Sipriot Jean-Baptiste Duroselle évoquait la désagrégation de l'idée d'Europe après 1871, tandis qu'Annie Kriegel (qui avait publié en 1964 Les Internationales ouvrières 1864-1943, dans la collection Que sais-je ?) évoquait le pacifisme prôné par l'internationalisme, les congrès internationaux et les idées de Jaurès, Rosa Luxembourg et Lénine

Annie Kriegel : 

Dès qu'éclate la guerre franco-allemande le 15 juillet 1870 les internationaux parisiens lancent un retentissant manifeste se dressant contre la guerre, selon eux "la guerre pour une question de prépondérance ou de dynastie ne peut être aux yeux des travailleurs  qu'une criminelle absurdité". 

Avec la Deuxième internationale, en 1889, se crée une sorte de parlement du prolétariat qui veut penser les problèmes des ouvriers en termes européens : 

Avec l'augmentation du nombre d'ouvriers dans tous les pays d'Europe, le mouvement ouvrier peut s'enraciner s'implante dans des pays nouveaux. Parti de l'Angleterre et de la France, qui furent les premiers pays à s'industrialiser, le mouvement ouvrier s'étend dans toute l'Europe, d'abord vers le Nord, Allemagne, Belgique et Pays-Bas, puis débordent vers l'Est et gagne vers le Sud les pays latins.

La question du pacifisme :

La pacifisme était un élément fondamental de la détermination du socialisme international.(...) C'est dans les années 1900 quand la guerre cesse d'être une menace théorique, quand la guerre devient une menace de plus en plus pressante, quotidienne, que l'ensemble du mouvement socialiste international concentre ses efforts sur la question de la défense de la paix. 

Jaurès pensait que son internationalisme et son pacifisme ne mettaient pas en question son attachement à la patrie et aux valeurs nationales.

La position sur la guerre de l'aile révolutionnaire de l'Internationale représentée par Rosa Luxembourg et Lénine et leur fameux amendement, en 1907, au congrès international de Stuttgart : 

Pour la majorité de l'Internationale socialiste le contraire de la guerre c'est la paix, mais pour la minorité révolutionnaire le contraire de la guerre ce n'est pas la paix c'est la révolution, c'est la guerre civile et c'est le chemin pour substituer à la société capitaliste établie une société nouvelle : la société socialiste. Il s'agit de faire un combat révolutionnaire à la guerre avec le fameux mot d'ordre "guerre à la guerre". 

Ce numéro de l'émission Analyse Spectrale de l’Occident permet d'entendre également de nombreuses lectures sur le sujet, parmi elles, un extrait du discours de Victor Hugo au Congrès de Paris le 21 août 1849, un extrait de Qu’est-ce qu’une nation, d’Ernest Renan, un extrait du Voyageur et son ombre de Friedrich Nietzsche, puis de L'autre avant-guerre, 1890-1914 de Barbara Tuchman et, enfin, un extrait de Propos de Georges Sorel recueillis par Jean Variot.

  • Par Pierre Sipriot - Lectures par Paul-Emile Deiber et Henri Crémieux
  • Analyse Spectrale de l’Occident, une émission de Pierre Sipriot diffusée en avril 1967.  ; L'idée européenne et l'internationalisme de 1871 à 1914 (1ère diffusion : 15/04/1967)
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation