Le 4 octobre 1962 à l'Assemblée nationale dans les bancs du gouvernement autour de Georges Pompidou lors des débats sur la motion de censure. ©AFP
Le 4 octobre 1962 à l'Assemblée nationale dans les bancs du gouvernement autour de Georges Pompidou lors des débats sur la motion de censure. ©AFP
Le 4 octobre 1962 à l'Assemblée nationale dans les bancs du gouvernement autour de Georges Pompidou lors des débats sur la motion de censure. ©AFP
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Résumé

En octobre 1962, un débat historique a lieu à l’Assemblée nationale : la discussion qui précède le vote de la motion de censure contre le gouvernement Pompidou, la seule motion de censure adoptée à l’Assemblée depuis le début de la Cinquième République.

avec :

Georges Pompidou (haut fonctionnaire et homme d'État français (1911-1974), président de la République du 20 juin 1969 au 2 avril 1974).

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Dans la vie politique française, la présidence de la République domine largement l’équilibre des pouvoirs. Sauf naturellement pendant les périodes de cohabitation. Pourtant le Parlement et en particulier les députés ne sont pas démunis face à la mainmise du pouvoir exécutif. La constitution leur offre la possibilité de déposer puis de voter une motion de censure pour renverser le gouvernement. Une arme redoutable qui n’a été utilisée avec succès qu’une seule fois depuis le début de notre République, en octobre 1962. Le contexte était, il est vrai, particulier : le général de Gaulle avait décidé de réformer la constitution pour faire élire le président de la république au suffrage universel après l’attentat du Petit-Clamart.

Le journaliste Jean Lanzi nous met d'emblée dans l'ambiance électrique qui devait régner ce jour-là du 4 octobre 1962 : " Jamais la censure n'a eu autant de chance d'être adoptée. La séance s'ouvre dans une ambiance d'extrême attention." Et l'on peut en effet entendre par exemple le député Paul Reynaud, premier signataire de la motion de censure, s'exclamer : "C'est la république qui répond non à votre projet!", et un peu plus loin d'affirmer, "c'est notre honneur de parlementaire qui est en cause!".

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Pour réformer la constitution, De Gaulle choisit le référendum plutôt que de passer par le Congrès. En protestation, les députés déposent une motion de censure, qui est débattue le 4 octobre et adoptée le lendemain. Dans cet extrait d’Inter actualités, on peut entendre la voix du premier ministre Georges Pompidou et les interventions de deux députés hostiles au principe d’un président élu au suffrage universel : Guy Mollet et Paul Reynaud, ancien président du Conseil de la Troisième République, qui évoque “un inconnu tout puissant responsable devant personne”. Une charge lourde contre la conception gaullienne de la présidence qui résonne jusqu’à notre époque...

Après les interventions des cinq opposants, le Premier ministre Georges Pompidou commence son discours régulièrement interrompu par le brouhaha, les remous et les applaudissements parmi les bancs de l'Assemblée. Il conclue ainsi son allocution, élevant la voix et faisant référence au Général De Gaulle : "C'est quelqu'un à qui vous tous, messieurs, vous devez que la république ait été rétablie en 1944 ! Vous lui devez qu'elle ait été sauvée en 1958, en 1960, en 1961 !"

27 min
  • Par Jean Lanzi
  • Avec les journalistes : Jean Lanzi, Jean-Pierre Jondeau et Jean Rey ; Georges Pompidou (premier ministre), Paul Reynaud (député) et Guy Mollet (député)
  • Extrait : Inter actualités - L'assemblée nationale débat de l'élection du président de la République au suffrage universel (1ère diffusion : 04/10/1962 Paris Inter)
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Mathias Le Gargasson
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Antoine Dhulster
Production déléguée
Anne de Biran
Collaboration