Solesmes au petit matin
Solesmes au petit matin
Solesmes au petit matin  ©Radio France
Solesmes au petit matin ©Radio France
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Résumé

En 1965, un hommage était rendu au poète Pierre Reverdy, sous le titre "Il y a 5 ans mourrait Pierre Reverdy", l'occasion de l'entendre parler de sa poésie grâce à une archive de 1956 dans laquelle il disait sa volonté suprême que son œuvre lui survive.

avec :

Pierre Reverdy (Poète).

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Au micro de Robert Mallet dans un numéro de l’émission Belles Lettres du 7 mai 1956 sur la Chaine Nationale Pierre Reverdy s'exprimait à propos de son recueil En Vrac. Ce document rare nous donne à entendre Reverdy quatre ans avant sa mort, dans l’une de ses rares visites à Paris depuis sa retraite à Solesmes, méditant notamment sur la postérité de son œuvre.

Pierre Reverdy a toujours entretenu un rapport particulier avec son temps. Il était à la fois un homme du monde, comptant d’assez nombreuses amitiés avec les poètes et les peintres qui lui étaient contemporains comme Braque, Aragon, Breton ou encore Picasso pour ne citer qu’eux, et recherchait en même temps une indépendance parfaite à la fois dans sa pensée et son art.

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Si son œuvre est protéiforme, passant du vers libre au poème en prose, avec d’occasionnels textes théoriques, il ne suit jamais la tendance. Il y a quelque chose dans l’œuvre de Reverdy qui semble résister à la mode : il ne la suivit jamais, repoussant les avances des surréalistes , s’inquiétant même des hommages que lui rendaient les futuristes dont il se sentait très éloigné.

Ce désir d’indépendance s’est également traduit par la retraite méditative qu’il commença en 1926 à Solesmes après sa conversion soudaine au catholicisme, lui qui fut élevé par des parents communistes qui goûtaient peu à la religion. Cette solitude volontaire se lit jusqu’à dans son œuvre, qui ne cherche pas à se faire des amis, à attirer des lecteurs ou les compliments des critiques, mais trace une voie singulière et novatrice.

C’est ce désir de s’inscrire contre la tendance pour créer une œuvre pour le futur, une œuvre qui puisse se suffire d’elle-même sans être le reflet d’une époque que manifeste Reverdy dans ce court entretien donné en 1956 qui fut rediffusé en forme d'hommage cinq ans après sa mort :

"Il n'y a pas d'images dans la nature, l'image est le propre de l'homme car elle n'est image que par la conscience qu'il en a. Le contenu normal de la pensée est abstrait, informe et flou, l'opération par laquelle l'image se forme est un acte d'attention volontaire. Le poète, l'esprit du poète est une véritable fabrique d'images. Et comme ce n'est pas l'usage utilitaire et matériel qui fait les choses qui nous intéressent mais la façon dont l'esprit les appréhende et ce en quoi il est capable de les convertir, c'est lui que nous voulons juger."

  • Par Philippe Soupault et Jacques Fayet
  • Avec Jacques Fayett, Jean Giraudeau et Jean-Pierre Jorris
  • Extrait : en archives, la voix de Pierre Reverdy le 07/05/1956 (par Robert Mallet et Pierre Sipriot, réalisé par Harold Portnoy)
  • Il y a 5 ans mourrait Pierre Reverdy (1ère diffusion : 04/05/1965)
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Mathias Le Gargasson
Production déléguée