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Résumé

Dans la dix-septième leçon du cours de sociologie que Raymond Aron donnait à la Sorbonne en 1958, il abordait les transformations possibles du régime soviétique dans son essence même. Pour cela, il commençait par définir l'originalité de sa structure avant d'émettre des hypothèses de changements.

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Dans cette leçon, le professeur Aron se propose d'examiner les différentes perspectives d'avenir du régime totalitaire soviétique – présentées par lui-même comme hypothétiques – telles qu'on pouvait les envisager en 1958, cinq ans après la mort de Staline. Cette dix-septième leçon était la dernière de celles que Raymond Aron consacrait dans la troisième partie de son cours au régime de parti monopolistique à travers l'exemple de l'URSS.

Des changements dans le système, mais pas du système

Avant de réfléchir aux perspectives d'évolution du régime soviétique, Raymond Aron reprend son analyse à partir de la triple originalité qu'il conçoit du régime bolchévique. A savoir : des techniques policières et un endoctrinement élevé, l'alliance d'une bureaucratie autoritaire et d'une volonté d'édification socialiste, et enfin la domination d'un Parti qui reste révolutionnaire. C'est à partir de cette définition du régime que les changements peuvent être analysés.
De l'analyse des faits, il en déduit que "les données fondamentales sont intactes", et pourtant, dans le cadre fixé par le régime, "il y a eu des transformations". Ce système, il le caractérise ainsi : la domination d'un Parti unique qui détient l'orthodoxie idéologique, une planification centralisée menée par une bureaucratie, une hiérarchie bureaucratique d'Etat. A partir de ce constat, Raymond Aron s'appuie sur trois schémas pour envisager les perspectives de transformation du régime.

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Les trois schémas de perspectives de transformation du régime

Le schéma néomarxiste est celui qui voit une libéralisation du système grâce à l'élévation du niveau de vie, or "il n'est pas démontré que le seul régime social et politique adapté à une société industrielle soit un régime pluraliste de type occidental". Le deuxième schéma est celui du devenir des révolutions, c'est-à-dire de "l'épuisement progressif de l'ardeur révolutionnaire", de son usure dans le temps, mais cela ne changera pas le régime dans ses traits structuraux. Le troisième schéma est celui de la rationalisation avec une diminution de l'idéologie au profit de l'efficacité mais la démocratisation et le pluralisme n'en sont pas des conséquences directes. A partir de ces trois schémas sociologiques réfutés, Raymond Aron tire la conclusion qu'il ne voit pas l'introduction de partis multiples comme une nécessité démontrable. Quant à l'hypothèse d'une révolution contre ce régime de parti monopolistique, il ne croit pas en une telle probabilité en 1958, mais il ne peut pas l'exclure non plus, car "il y a plus de choses sous le ciel que dans notre philosophie".

Par Raymond Aron
Radio Sorbonne - Théories sociologiques des démocraties, aspect politique des sociétés modernes par Raymond Aron 17/19 (1ère diffusion : 05/05/1958 Radio Sorbonne)
Archive Ina-Radio France

Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée