19 octobre 1987, Wall Street dans la tourmente

20 octobre 1987 au New York Stock Exchange : des traders survoltés par le cours du Dow Jones.
20 octobre 1987 au New York Stock Exchange : des traders survoltés par le cours du Dow Jones. ©Getty - Jim Wilson/New York Times Co
20 octobre 1987 au New York Stock Exchange : des traders survoltés par le cours du Dow Jones. ©Getty - Jim Wilson/New York Times Co
20 octobre 1987 au New York Stock Exchange : des traders survoltés par le cours du Dow Jones. ©Getty - Jim Wilson/New York Times Co
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Le lundi 19 octobre 1987, la tourmente boursière la plus sérieuse depuis 1945 éclatait. Des témoins de ce jour-là, acteurs privilégiés de la finance, racontent leurs souvenirs et réactions devant l’inéluctable et s’interrogent dix ans après sur les causes et conséquences de ce krach inattendu.

Parti de la bourse de New York un lundi 19 octobre 1987, l'effondrement gagne rapidement le reste des places financières internationales. Londres, Francfort, Hong-Kong, Paris et Tokyo sont simultanément touchées par la chute des cours.

Partout des baisses spectaculaires

Ce mois d’octobre de 1987 constitue l’un des trois plus grands krachs boursiers de tous les temps. S'il est peut-être d’ampleur moindre que celui de 1929, les circonstances économiques et logistiques sont différentes : dans un monde financier toujours plus interconnecté et déterritorialisé, la chute du Dow Jones a un retentissement planétaire à la fois sur les compagnies cotées en bourse et sur les petits investisseurs, à qui on vend la bourse comme un placement stable et raisonnable. De petits porteurs, qui n'ont jusqu'alors connu que des hausses, voient fondre en un jour leur capital.

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“C’est le principe du krach : on ne le voit pas arriver”

Dans ce numéro de l’histoire en direct de Christine Robert et Emmanuel Laurentin, diffusé le 6 octobre 1997, le choix est fait de donner à entendre cette crise de la perspective des tradeurs, banquiers et autres spéculateurs français, dans un document radiophonique qui retranscrit la violence de l’évènement pour ceux qui travaillent dans les places boursières. Voir l’écroulement du marché de New York sur les écrans d'ordinateurs , “c’était très spectaculaire physiquement” dit l’un d’eux. Certains parlent d’une espèce d’effroi, de quelque chose d’inconnu. “Je ne l’ai pas vu arriver, d’ailleurs c’est le principe du krach : on ne le voit pas arriver”, reconnaît Pierre Fleuriot de la COB (Commission des opérations de bourse).

La fin d’une profession ?

Certains crurent même assister à une apocalypse, à la fin de leur profession, voire à la renaissance d’un monde nouveau. Sur les marchés financiers nous explique-t-on, tout est basé sur de la confiance, et en ce mois d’octobre 1987, “tout devient du sable” dit l'un de ces professionnels de la bourse. Un trader japonais exerçant en France l’admet : “On était surpris. On ne connaissait ni les conséquences, ni les causes. À l’époque, on n’a rien compris, finalement.” Une fois passé ce moment d’hébétude, le marché revit, comme s’il avait été lavé de ses imperfections. C’est ainsi que conclut Bernard Mirat, figure de la Bourse de Paris : “Le krach a même été bénéfique. Il nous a rappelé à la raison. (…) Ce qui nous oblige à être vertueux, c’est la crise.

Le Billet économique
3 min

Retrouvez l'ensemble de la Nuit  Krachs boursiers : la crise du capital

  • Par Emmanuel Laurentin
  • Avec Pierre Fleuriot (ancien de la COB), Jean-Pierre Gaillard (chroniqueur de France Info), Jean-Claude Trichet (ancien directeur du Trésor), Alain Ferri (économie), Bernard Mirat, Elpidio Balbona, Jérôme Mangin, André Nagar et Jean-François Gilles (NATEXIS)
  • Réalisation Christine Robert
  • L’histoire en direct - 1987 : Krach à Wall Street
  • Première diffusion : 06/10/1997
  • Archive Ina-Radio France

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