Un copilote avec une caméra dans un avion durant la Première guerre mondiale. ©Getty - Photo by Interim Archives/Getty Images
Un copilote avec une caméra dans un avion durant la Première guerre mondiale. ©Getty - Photo by Interim Archives/Getty Images
Un copilote avec une caméra dans un avion durant la Première guerre mondiale. ©Getty - Photo by Interim Archives/Getty Images
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Résumé

Dans "Le cinéma des cinéastes" le penseur Paul Virilio explique comment avec la guerre de 14-18 a commencé "le cinéma de la guerre" et comment la guerre a toujours été liée à la représentation. Une émission de Claude-Jean Philippe diffusée pour la première fois le 1er avril 1984.

avec :

Pierre Donnadieu, Paul Virilio (Philosophe et urbaniste (1932-2018).), Caroline Champetier (Directrice de la photographie).

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Architecte, urbaniste, Paul Virilio se défendait d'être philosophe. Il n'a pourtant jamais cessé jusqu'à sa disparition en 2018, de penser le monde qui l'entourait dans la trentaine d'essais qu'il a signés depuis les années 70 et dans ses articles, pour la revue Esprit notamment.

En 1984, Paul Virilio publiait Logistique de la perception, qui était présenté comme le premier volume d'un ensemble plus large ayant pour titre Guerre et Cinéma. Un livre autour duquel il était invité à s'entretenir avec Claude-Jean Philippe, Caroline Champetier et Pierre Donnadieu dans Le Cinéma des cinéastes.

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Paul Virilio analyse la relation entre la guerre et la représentation"toute guerre est d'abord un théâtre de représentation, même les guerres anciennes étaient l'organisation d'une représentation, ca explique aussi bien les étendards que la disposition sur le terrain, que les parures des guerriers. (...) Avec la guerre de 14 commence la guerre du cinéma ou le cinéma de la guerre. La carte est remplacée par le film, par la photo-interprétation.

Toute guerre est d'abord un théâtre de représentation

La guerre, selon lui, est la recherche de la domination visuelle : depuis la tour de guet jusqu'aux satellites d'observation, en passant par la photo-interprétation aux premiers temps de l'aviation durant la Grande Guerre et l'utilisation de l'œil de la caméra à des fins militaires.

La guerre est aussi l'organisation d'un regard : "Il y a deux cinémas : un cinéma de la guerre civile, celle de Griffith et puis il y a le cinéma militaire, le cinéma de la photo-interprétation avec tous ces caméramans, ces photographes qui photographient sans arrêt les combats pour pouvoir en donner une vision, je dirais "réelle" aux chefs de guerre. Le film est devenu la nouvelle carte".

Le cinéma c'est mettre un uniforme à l'œil

Enfant de la guerre, pris sous les bombardements à Nantes, puis soldat durant la Guerre d'Algérie, Paul Virilio énumère les indices, les concordances lui permettant d'avancer qu'au 20ème siècle la fonction du regard et celle de l'arme de guerre avaient fini par se confondre, ce qui pouvait peut-être justifier les mots de Kafka : "Le cinéma c'est mettre un uniforme à l'œil."

  • Par Claude-Jean Philippe, Caroline Champetier et Pierre Donnadieu
  • Le cinéma des cinéastes - Paul Virilio à propos de son livre "Guerre et Cinéma, Logistique de la perception" (1ère diffusion : 01/04/1984)
  • Indexation web : Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Anne de Biran
Anne de Biran
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Mathias Le Gargasson
Production déléguée