Portrait d'Olympe de Gouges, fin XVIIIème, collection particulière. Artiste inconnu
Portrait d'Olympe de Gouges, fin XVIIIème, collection particulière. Artiste inconnu ©Radio France - Inconnu
Portrait d'Olympe de Gouges, fin XVIIIème, collection particulière. Artiste inconnu ©Radio France - Inconnu
Portrait d'Olympe de Gouges, fin XVIIIème, collection particulière. Artiste inconnu ©Radio France - Inconnu
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Dans le deuxième volet d'une série des "Chemins de la connaissance" sur "Les Femmes et le pouvoir", en 2007, Jacques Munier recevait l'historien Olivier Blanc, auteur d'un ouvrage sur Marie-Olympe de Gouges, pour parler des égéries de la Révolution.

Les Egéries de la Révolution est le deuxième volet d'une série des Chemins de la connaissance intitulée Les femmes et le pouvoir diffusée en 2007. Jacques Munier recevait Olivier Blanc historien, spécialiste de l'histoire politique et sociale de la fin du XVIIIe siècle, auteur de Marie-Olympe de Gouges : une humaniste à la fin du XVIIIe siècle (2003) et de Portraits de femmes : artistes et modèles à l'époque de Marie-Antoinette (2006).

Olivier Blanc analysait le rôle des femmes durant la Révolution française, et examinait la manière dont elles avaient contribué à propager les idées nouvelles tout au long du XVIIIème siècle. Il se penchait sur les écrits et le rôle joué par Olympe de Gouges :

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La question des droits des femmes à l'époque de la Révolution a été posée très tôt. Dans le temps prérévolutionnaire déjà la question agitait tout le monde. Olympe de Gouges, dans ses tout premiers textes de 1788 et du début 1789, aborde déjà ces questions. (...) C'est seulement au moment de la Constitution, au moment de la législative, que l'on va agiter divers projets, dont celui du divorce, également réclamé par Olympe de Gouges, qui écrit une pièce de théâtre intitulé "Nécessité du divorce". Elle aura gain de cause puisque le divorce sera voté.

Cependant la question des droits des Noirs et des femmes, n'est pas immédiatement posée comme une urgence :

Olympe de Gouges se montrera particulièrement déçue à la fin de la Constituante, lorsque Louis XVI va ratifier la Constitution. Elle publiera donc un pastiche de la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" qu'elle dédiera à la reine sous le titre "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne". En 17 articles elle reprend chaque point qui aurait pu être évoqué ou débattu : sur la liberté d'entreprendre, sur le droit d'être élu ou le droit d'élire, etc. Elle va poser cette fameuse formule qui a été retenue par l'histoire, "La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune". C'est elle qui a véritablement fixé les choses par ce texte qui est effectivement resté une référence dans l'histoire des idées.

Olympe de Gouges utilisait l'expression "l'administration nocturne des femmes" pour dénoncer l'invisibilité de celles-ci dans le monde politique :

Elle parle précisément du rôle des femmes d'influence, plutôt des femmes de Versailles, dans la lignée des favorites et de personnages qui interviennent effectivement de manière assez discrète pour influer sur telle ou telle décision, sur la nomination d'un ministre ou le renvoi d'un autre. Olympe de Gouges voulait donner une visibilité aux femmes. Elle voulait donner une respectabilité à l'engagement politique au féminin et elle a vraiment voulu prêcher par l'exemple.

  • Par Jacques Munier
  • Réalisation : Doria Zénine
  • Les chemins de la connaissance - Les femmes et le pouvoir 2/5 : Les égéries de la Révolution (1ère diffusion : 23/01/2007)
  • Indexation web : Documentation Sonore de Radio France

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