Des supportrices du candidat à la présidence Jacques Chaban-Delmas, le 2 mai 1974 à Montpellier.
Des supportrices du candidat à la présidence Jacques Chaban-Delmas, le 2 mai 1974 à Montpellier.
Des supportrices du candidat à la présidence Jacques Chaban-Delmas, le 2 mai 1974 à Montpellier. ©AFP - afp
Des supportrices du candidat à la présidence Jacques Chaban-Delmas, le 2 mai 1974 à Montpellier. ©AFP - afp
Des supportrices du candidat à la présidence Jacques Chaban-Delmas, le 2 mai 1974 à Montpellier. ©AFP - afp
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Résumé

Dans le dernier volet d'une série de trois intitulée "Les nouveaux citoyens de 1974", nous écoutons les témoignages de six jeunes techniciens et techniciennes de la régie Renault qui avaient, depuis peu, le droit de voter et l'éclairage du sociologue Raymond Aron.

avec :

Raymond Aron (Philosophe et sociologue (1905-1983)).

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En 1974, après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence, la majorité passait de 21 ans à 18 ans. Ce qui signifiait que près de deux millions et demi de jeunes gens devenaient du jour au lendemain des électeurs mais aussi, dans leur vie familiale, dans leur vie d'étudiant ou leur vie professionnelle, des citoyens et des adultes de plein exercice, au moins au regard de la loi. Un bouleversement qui ne manquait pas de créer, sinon des problèmes, mais tout au moins des situations inédites dans leur vie sociale, leur vie pratique et dans leur relation avec ceux qui avaient sur eux jusque-là pleine autorité, à savoir leurs parents.

Quelques mois après le vote de cette nouvelle loi, dans une série en trois volets, Nicole Strauss proposait aux auditeurs de France Culture d'examiner les possibles conséquences de son application sur le plan social et le plan politique. Dans le troisième numéro de cette série, elle rencontrait quelques-uns de ces nouveaux citoyens, jeunes techniciens en cours d'intégration à la Régie Renault.

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Les jeunes s'exprimaient ainsi :

Etant parfaitement d'accord avec mes parents, la majorité n'a pas posé de problème. (...) Pour les parents c'est pas un cadeau. Les parents aiment avoir leurs enfants sous leur coupe. (...) Si les jeunes sont dépendants de l'argent de leurs parents pour payer leur études, malgré la majorité à 18 ans, alors il faut bien s'entendre car les parents ne sont plus obligés de les payer (...) A 18 ans ou 21 ans pour les parents c'est toujours une responsabilité. (...) La majorité pour moi ce n'est pas le fait d'avoir 18 ans c'est le fait de rentrer dans la vie active, de gagner de l'argent.

Dans un second temps, Nicole Strauss soumettait cette majorité à 18 ans au regard de sociologue et d'analyste politique de Raymond Aron qui soulignait la dissociation que cette loi accentuait entre l'âge de la majorité politique et civile et l'âge de l'entrée dans la vie professionnelle, et ce qui pouvait en résulter pour la relation parents-enfant.

Beaucoup de journaux avaient expliqué que, d'après les sondages, l'électorat du président de la république actuel était plus âgé que l'électorat de Monsieur Mitterrand. (...) Il a voulu mettre, pour ainsi dire, au défi,  les commentateurs, les adversaires, les critiques et être le président le plus jeune de l'histoire de France qui accordait le droit de vote aux garçons et aux jeunes filles de 18 ans. (...)  Il est évident que demander aux garçons et aux jeunes filles de 18 ans de décider de ceux qui nous gouverneront est un pari.

  • Par Nicole Strauss
  • Les nouveaux citoyens de 1974, 3/3 : Avec Raymond Aron (1ère diffusion : 22/11/1974)
  • Indexation : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

En savoir plus : Jean-Edouard Bloch : "Deux millions quatre cent mille jeunes personnes vont voter sans qu'on sache comment"

En savoir plus : René Haby : "Je crois que les jeunes sont capables d'assumer cette responsabilité nouvelle du vote à 18 ans"

A écouter : Nuit Raymond Aron, un programme d'archives proposé par Albane Penaranda.

Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation