Le 6 août 1948, parmi les parlementaires accusés lors de l'insurrection malgache de 1947, Jacques Rabemananjara (3ème de g.à d.) ©AFP
Le 6 août 1948, parmi les parlementaires accusés lors de l'insurrection malgache de 1947, Jacques Rabemananjara (3ème de g.à d.) ©AFP
Le 6 août 1948, parmi les parlementaires accusés lors de l'insurrection malgache de 1947, Jacques Rabemananjara (3ème de g.à d.) ©AFP
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Résumé

Jacques Rabemananjara, poète et militant anticolonialiste malgache, revient sur le Paris d'avant-guerre où se rencontrait l'intelligentsia d'Outre-mer révoltée par leur condition. Il raconte dans un deuxième temps l'insurrection malgache de 1947 réprimée dans le sang par la France.

avec :

Jacques Rabemananjara (écrivain et homme politique).

En savoir plus

En 1978, Jacques Rabemananjara revient sur les origines du mouvement de la négritude et répond aux critiques parfois virulentes auxquelles le mouvement fait face dans les années 1970. A la fois poète et homme politique malgache, il fut ministre et vice-président, il est l'un des membres les plus actifs du mouvement de la négritude.

Avec humour il évoque sa rencontre avec les fondateurs du mouvement de la négritude à savoir le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le Guyanais Léon-Gontron Damas et l'Antillais Aimé Césaire, au Quartier Latin : "Où voulez-vous que l'on se rencontre, si ce n'est pas au Quartier latin?" Dans un foyer africain de la rue Soufflot où il avait ses habitudes, Rabemananjara se souvient des rencontres avec d'autres étudiants et certains de leurs aînés venus des pays colonisés : "Le Quartier Latin nous unissait". Malgré les différences d'âge et la diversité de leurs origines, ils étaient tous des colonisés, "des hommes dépendants" à la recherche de leur dignité.

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Réagissant aux critiques à l'égard du concept de négritude, il tient à rappeler le contexte de la création du mouvement de la négritude dans les années 1930. La jeunesse d'aujourd'hui n'a plus à se battre pour sa dignité d'hommes et de femmes noirs, observe-t-il. A son époque, il a fallu brandir la négritude comme un "drapeau de combat" contre l'humiliation dont ils étaient victimes. Il raconte ainsi qu'à Madagascar, un homme noir devait descendre du trottoir pour laisser passer un homme blanc.

"Dans tout écrivain noir engagé de l'époque, il y avait deux objectifs. Premier objectif, secouer la conscience des Européens qui étaient complètement sereins en ce qui concerne nos problèmes et d'un autre côté, remuer aussi la conscience de nos frères qui étaient plus ou moins complexés. Ils ne se rendaient pas compte qu'ils étaient réellement bafoués." Jacques Rabemananjara

29 min

Dans le cours de l'entretien, Rabemananjara revient sur l'histoire politique et insurrectionnelle de son pays notamment dans ses relations avec la puissance coloniale française. Il raconte la rébellion malgache en 1947, le déroulement des événements de son point de vue, la répression terrible de la France colonisatrice, puis comment il en est venu à être arrêté et condamné à la perpétuité.

  • Par Ibrahim Baba Kaké
  • Avec Jacques Rabemananjara (intellectuel, poète et homme politique malgache)
  • M. Rabemananjara : Le mouvement de la négritude - La rébellion malgache (Date d'enregistrement : 01/01/1978)
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Mathias Le Gargasson
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Antoine Dhulster
Production déléguée
Anne de Biran
Collaboration