Madeleine Riffaud : "J'ai été arrêtée pont de Solferino le 23 juillet 44, je venais d'abattre un officier SS" : épisode 23/29 du podcast 1940-1944 : la Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire

La résistante française Madeleine Riffaud lors d'une signature de son livre sur la maquis Viêt-Cong en 1968.
La résistante française Madeleine Riffaud lors d'une signature de son livre sur la maquis Viêt-Cong en 1968.  ©Getty - Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images
La résistante française Madeleine Riffaud lors d'une signature de son livre sur la maquis Viêt-Cong en 1968. ©Getty - Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images
La résistante française Madeleine Riffaud lors d'une signature de son livre sur la maquis Viêt-Cong en 1968. ©Getty - Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images
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La série "1940-1944 : La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire" proposait en 1964 une trentaine d'émissions sur la Résistance, dont deux volets intitulées "Août 1944, Paris se libère" et "La Libération de Paris : La période pré-insurrectionnelle".

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En 1964, une grande série intitulée 1940-1944 : La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire était diffusée sur France Culture pour commémorer les 20 ans de la Libération. Cette série se divise en plusieurs thématiques, parmi elles, une Géographie de la Résistance permet de comprendre comment elle s'est déployée sur le territoire français.

Après avoir parcouru toute la France résistante, Stanislas Fumet et Francis Crémieux arrivent à Paris pour raconter la Libération dans la capitale. Deux volets en décrivent les prémisses : Août 1944, Paris se libère, (1ère partie) et La Libération de Paris : La période pré-insurrectionnelle.

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Dans ce premier épisode (il y en aura sept) de Paris se libère, série faisant partie de la collection 1940-1944 : La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire, Stanislas Fumet explique en introduction aux témoignages diffusés dans cette émission :

Quand les parisiens décidèrent de donner le signal de l'insurrection par la voix autorisée de ceux qui avaient démontrés qu'ils étaient les vrais représentants de la France (...), les timorés eux-mêmes, les attentistes, comme on disait, sentirent que c'était vrai, que notre espoir n'avait pas été trompé. Nous, nous ne pensions qu'à elle depuis longtemps, à cette Libération… Mais, jusqu'au 6 juin 44 on avait le droit de trouver que c'était long et parfois on s'était demandé si on n'y arriverait jamais. Les derniers mois les déportations, les arrestations, n'avaient cessées de se multiplier.

Le premier témoignage est celui de Madeleine Riffaud, alors toute jeune fille. Pour la résistante, qui deviendra poétesse, journaliste et correspondante de guerre, l'insurrection avait commencé le 14 juillet 1944 :

Ce jour-là nous avons sorti nos armes au grand jour devant le peuple de Paris. Nous avions eu l'ordre de protéger les manifestions pacifiques à l'occasion du 14 juillet. (…) Nous étions prêts à nous fondre dans la foule, prêt à les protéger (...) La "Marseillaise" jouée par un accordéoniste de Belleville a déclenché une manifestation extraordinaire. Sur Belleville - Ménilmontant, il y avait 20 000 personnes dans la rue. Nous avons tâté le pouls de Paris, nous avons senti qu'il était prêt à se battre, à faire ce qu'on lui demanderait et sa fièvre n'a fait que monter.

Dans les jours qui suivirent une grève générale patriotique se mettra en place, paralysera Paris et déclenchera l'insurrection. Madeleine Riffaud décrit les conditions de son arrestation quelques jours plus tard :

J'ai été arrêtée dans le cadre de la compagne intitulée "à chacun son boche" qui visait à multiplier les attentats contre les occupants en plein jour afin de déclencher l'insurrection et comme représailles au massacre d'Oradour. J'ai été arrêtée près du pont de Solferino le 23 juillet 1944. Je venais d'abattre mon officier allemand, un officier SS, que j'avais abattu fort proprement et j'ai été arrêtée sur le fait… mauvaise affaire, évidemment. J'ai été délivrée par l'insurrection parisienne le 18 août et ensuite j'ai repris mon poste de combat.

Dans un second témoignage le colonel Rol-Tanguy décrit le PC, poste de commandement de l'insurrection, installé dans les égouts de Paris à quelque trente mètres sous terre place Denfert Rochereau.

Puis dans l'épisode intitulé La Libération de Paris : La période pré-insurrection, on entend des témoignages de Jacques Chaban-Delmas, délégué militaire national, de Léo Hamon, membre du Comité parisien de libération (CPL) et d'André Tollet, président du CPL qui explique l'organisation des combats et revient sur le rôle important de la classe ouvrière dans l'insurrection de Paris.

  • Par Stanislas Fumet (45) et Francis Crémieux (46)
    Réalisation : Paul Ventre (45)
  • 1940-1944 : La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire 23/29 : 45 : Août 1944, Paris se libère, 1ère partie, -46 : La Libération de Paris : La période pré-insurrection (1ère diffusion : mercredi 19/08/1964)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France

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