Anita Ekberg et Federico Fellini en 1960
Anita Ekberg et Federico Fellini en 1960
Anita Ekberg et Federico Fellini en 1960 ©Getty - Ullstein Bild
Anita Ekberg et Federico Fellini en 1960 ©Getty - Ullstein Bild
Anita Ekberg et Federico Fellini en 1960 ©Getty - Ullstein Bild
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Résumé

De "La dolce vita" à "La Cité des femmes" en passant par "Huit et demi", "Armacord", "Casanova"… Federico Fellini n’a cessé de filmer les femmes qu’elles soient jeunes filles, mères, sirènes, prostituées, bonnes soeurs, monstres ou séductrices.

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A travers des interviews, des archives et des lectures, Francesca Isidori s’intéresse au regard de Federico Fellini sur les femmes. Comment définir la femme fellinienne ?

Il y a bien sûr des actrices qui nous viennent à l’esprit : Giulietta Masina, Anita Ekberg, Magali Noël, Claudia Cardinale, Anna Magnani… mais on retient surtout des films de Fellini la "femme séduction" ou la "femme monstre". Les femmes sont caricaturées, déformées, très grandes, très grosses, avec des seins énormes et des fesses impressionnantes. 

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Le sémiologue Paolo Fabbri rappelle que Fellini ne partait pas d’une idée pour faire un film mais d’une esquisse. Ses dessins sont toujours des seins et des fesses de femmes. Il n’est jamais avare d’hyperboles. Ainsi la femme fellinienne est un éventail de personnages qui va de la mère dévorante à la bonne sœur lubrique. 

Fellini cherche à approcher la réalité en déformant, en caricaturant ses personnages mais sans les rendre ridicules, selon la critique et poétesse Jacqueline Risset. Les attributs féminins font des femmes des êtres mystérieux et fascinants. Fellini regarde encore les femmes avec ses yeux d'enfant.

En 1980, lors de la sortie en salles de "La Cité des femmes", Fellini précisait sa pensée : "Au cinéma, on est comme dans un ventre maternel, en arrêt et recueilli, plongé dans l'obscurité, en attendant que la vie arrive de l'écran... Il faudrait aller au cinéma avec l'innocence du fœtus." Le cinéma est-il selon le cinéaste une métaphore de la femme, ce qui nous emporte ? 

Certains et surtout certaines ont vu dans "La Cité des femmes" un film misogyne, ridiculisant les femmes. D’autres ont salué la prodigieuse énergie des femmes et l’intérêt du cinéaste pour le rapport des femmes entre elles. Quoi qu’on en pense, les femmes felliniennes incarnent le mystérieux et l'incompréhensible. Et cette différence crée chez le réalisateur fascination et désir de connaissance. 

  • Par Francesca Isidori   
  • Réalisation : Jacques Taroni
  • Avec les témoignages de Paolo Fabbri, sémiologue, Henri Duplaix, psychanalyste, Ornella Volta, amie de Fellini, Christian-Marc Bosseno, Jean Collet, Jacqueline Risset, critiques
  • Avec les voix de Federico Fellini et de Magali Noël
  • "Mardis du cinéma - Fellini et les femmes"
  • France Culture
  • 1ère diffusion : 09/04/1991
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée