"Le Torchon brûle", couverture du premier numéro, 1971.
"Le Torchon brûle", couverture du premier numéro, 1971.
"Le Torchon brûle", couverture du premier numéro, 1971.  - Editions des femmes
"Le Torchon brûle", couverture du premier numéro, 1971. - Editions des femmes
"Le Torchon brûle", couverture du premier numéro, 1971. - Editions des femmes
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Résumé

En 2007, pour "Surpris par la nuit", Anne-Sophie Vergne avait rencontré quatre militantes du MLF ayant participé à la rédaction du journal du mouvement, "Le Torchon brûle". Nadja Ringart, Marie-Jo Bonnet, Catherine Deudon et Liliane Kandel racontaient leurs souvenirs des combats.

avec :

Nadja Ringart, Liliane Kandel (sociologue, a co-dirigé le Centre d’Etudes et de recherches féministes de l’Université Paris 7 (Denis-Diderot).), Marie-Jo Bonnet (historienne).

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"Le torchon brûle". Si l'on associe aujourd'hui cette expression à l'univers domestique, elle remonte en réalité au 12è siècle, époque à laquelle le mot torchon désignait non pas un morceau de tissu servant à essuyer la vaisselle, mais un coup violent. En 1971, c'est pourtant bien en référence aux tâches ménagères que plusieurs militantes du Mouvement de libération des femmes choisissaient ce titre pour le journal qu'elles fondaient. 

Un journal "menstruel, et non mensuel", dont il y eut en tout six numéros, parus entre 1971 et 1973. On y trouvait des récits personnels, des manifestes, des analyses politiques, des poèmes, des dessins. Les visions de la lutte, diverses et parfois divergentes, s'y confrontaient, dans une tonalité sérieuse mais aussi très drôle, comme son titre le laissait déjà entendre. 

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En 2007, pour "Surpris par la nuit", Anne-Sophie Vergne avait eu l'idée d'interroger quatre militantes du MLF ayant participé à sa rédaction. Nadja Ringart, Marie-Jo Bonnet, Catherine Deudon et Liliane Kandel racontaient leurs souvenirs des combats, des actions et des victoires d'un mouvement résolument et joyeusement pluriel.

Nadja Ringart : 

C'était un feu d'artifice, ce mouvement !

Le choc du sexisme ordinaire est davantage venu des mouvements de gauche que de ma famille.

Marie-Jo Bonnet :

En mai 68, les filles étaient quand même mises de côté. Moi, j’ai participé pleinement à la grève, mais on comptait pour du beurre. C’étaient toujours les garçons qui avaient la parole. Je n’acceptais pas du tout ça. C'est ce qui explique que beaucoup de femmes comme moi se sont retrouvées au MLF deux ans après. 

Catherine Deudon :

J'ai fait mai 68 un peu en touriste, je lisais 'L’Idiot international'. Un jour, les féministes sont apparues, et je les ai d'abord trouvées très drôles...

Liliane Kandel :

Nous étions des héritières du mouvement du 22 mars et de sa stratégie des actions spectaculaires. L’action spectaculaire c’est quelque chose qui fait énormément de bruit et qui, malgré et à travers le filtre des médias, arrive à toucher les gens directement et plutôt à l’estomac et dans les tripes que dans l’analyse et la théorie. Le MLF était formidable pour ça. 

  • Par Anne-Sophie Vergne 
  • Réalisation : Gaël Gillon
  • Surpris par la nuit - Le Torchon brûle, quatre récits du mouvement de libération des femmes (1ère diffusion : 30/01/2007)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée