Nelly Kaplan présente, le 16 février 2005 à Paris, la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres, qu'elle a reçu du ministre de la Culture ©AFP - François Guillot
Nelly Kaplan présente, le 16 février 2005 à Paris, la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres, qu'elle a reçu du ministre de la Culture ©AFP - François Guillot
Nelly Kaplan présente, le 16 février 2005 à Paris, la cravate de Commandeur des Arts et des Lettres, qu'elle a reçu du ministre de la Culture ©AFP - François Guillot
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Résumé

Dans ce montage d’entretiens accordés pour "Le Bon plaisir", Nelly Kaplan retraçait son parcours, son enfance en Argentine, son arrivée à Paris. Elle apportait quelques éclairages sur son œuvre littéraire et cinématographique ainsi que sur sa personnalité, parsemés de témoignages de ses proches.

avec :

Georges Sebbag, Joëlle de Gravelaine, Jean-Michel Arnold, Ernesto Sabato, Viviane Forrester, Yaguel Didier.

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Avec son Bon Plaisir, que proposait Marie-Christine Navarro sur France Culture en 1992, on refaisait le parcours de celle qu'André Pieyre de Mandiargues avait surnommée "Lady N"… Nelly Kaplan, son penchant surréaliste, ses rencontres : Henri Langlois, André Breton, Abel Gance, Picasso, André Pieyre de Mandiargues, mais aussi son grand ami Philippe Soupault avec qui elle partageait un goût prononcé pour la provocation, le jeu, l’humour, ainsi qu’un certain sens de la répartie.

Ce goût pour la provocation, chez Soupault, c’était une règle de vie : tout était provocation. C’est quelque chose qui m’était tellement sympathique et tellement familier qu’on s’entendait comme des larrons en foire. Pendant des années j’ai vu pratiquement Soupault tous les jours. On se baladait dans Paris, on foutait le bordel souvent, lui se mettait à insulter des gens qu’il n’aimait pas… C’était un très bon maître mais j’étais une élève très douée aussi.

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Outre la littérature, elle exprimait sa fascination pour la peinture qui donna lieu à un premier court métrage sur Gustave Moreau, l’amena à rencontrer Picasso et à se lier d’amitié avec le peintre et poète Ernesto Sabato.

Ernesto Sabato a fait une exposition au Centre Pompidou et là, ça a été l’éblouissement pictural, j’avais rarement été aussi frappée par des peintres comme je l’avais été par ses œuvres. C’était une peinture très abyssale, très expressionniste, tout ce que j’aime, et ça n’a fait que centupler l’admiration que j’avais déjà pour lui.

Elle revenait sur son enfance en Argentine marquée par sa révolte "endémique", ses souvenirs familiaux conflictuels malgré un niveau de vie plutôt aisé qui lui permit de découvrir le cinéma, et notamment J’accuse d’Abel Gance qui, enfant, la terrorisait. Elle eut d’ailleurs l’occasion de collaborer plus tard avec ce dernier, peu après son arrivée en France particulièrement éprouvante.

Dans ma tête j’avais un Paris très littéraire, le Paris de Rimbaud, de Baudelaire, de Lautréamont... Et je suis arrivée dans un Paris très, très dur ; les gens n’étaient vraiment pas plaisants. Si vous vous perdiez dans la rue et que vous demandiez votre chemin, on vous traitait comme un chien.

Le cinéma donc, mais bien sûr aussi l'écriture – romans, scénario, critiques, essais, correspondances – sans oublier surtout ses œuvres, un peu plus nettement érotiques que les autres qu'elle signait du pseudonyme "Belen". De Buenos Aires à Paris, c'était l'itinéraire d'une femme libre qui était raconté, d'une femme qui pouvait revendiquer de n'être pas féministe en affirmant, avec véhémence_,_ "qu’une création digne de ce nom ne pouvait être qu’androgyne". 

"Le Bon plaisir" de Nelly Kaplan propose des archives avec les voix d’André Breton, Philippe Soupault et Abel Gance, il est illustré par des extraits de films de Nelly Kaplan et des lectures de ses textes par Nelly Borgeaud, Pierre Arditi et Roland Amstutz.

  • Par Marie-Christine Navarro 
  • Réalisation : Elyane Milhau
  • Le Bon plaisir - Nelly Kaplan (1ère diffusion : 08/02/1992)
  • Indexation web : Etienne Rouch, Documentation Sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée