Madeleine Riffaud, dans son appartement à Paris en 2019.
Madeleine Riffaud, dans son appartement à Paris en 2019.
Madeleine Riffaud, dans son appartement à Paris en 2019. ©AFP - Natalie Handel
Madeleine Riffaud, dans son appartement à Paris en 2019. ©AFP - Natalie Handel
Madeleine Riffaud, dans son appartement à Paris en 2019. ©AFP - Natalie Handel
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Résumé

"Je voudrais mourir jeune, le plus tard possible" disait l'écrivain Marcel Prévost. Une résolution que Madeleine Riffaud, à 80 ans, reprend à son compte, avant de conclure cette série d’entretiens par cette invitation "Faites de la politique, redevenez des citoyens !"

avec :

Madeleine Riffaud (Grand reporter de guerre pour le compte de L'Humanité, écrivaine, poète et Résistante pendant la Seconde Guerre mondiale).

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Un jour de 1945, Madeleine Riffaud a croisé Pablo Picasso. D’elle, le peintre a fait un portrait, longs cheveux bruns, yeux en amande. Dans ce portrait se devine encore la fille d’instituteurs laïcs de la plaine picarde du Santerre qui voulait décrocher les Christ en croix quand elle était enfant. On y discerne aussi Rainer, la résistante de 20 ans, et presque déjà, la correspondante de guerre, couvrant le monde de ses mots, qu'elle allait devenir entre 1946 et 1973. En plus du portrait, Picasso lui a dit "Madeleine, tu es fière comme un mendiant espagnol". 

Madeleine Riffaud est restée fière, refusant le moindre geste d’impudeur. Témoin attentif d’un quotidien qu’elle redécouvre en 1973 à son retour du Vietnam, le quotidien d’une "guerre de poche" dans un monde en paix, celui d’un pays qu’elle n’appelle pas autrement que ma patrie.

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Le retour en France : comme un pont de bambou à passer

Quand les accords de Paris ont été signés, j’étais comme le moteur d’une grosse cylindrée qui tourne à vide, je tournais sur moi-même sans savoir comment utiliser ma force. J’ai découvert une réalité assez tragique pour moi, c’est que la vie en France ne me séduisait pas beaucoup, parce que j’avais perdu mes racines. J’éprouvais le besoin de rompre avec ma propre légende de reporter de guerre.
Madeleine Riffaud

Ludovic Sellier : Comment avez-vous eu l’idée d’écrire cette enquête sur le quotidien des infirmières, "Les linges de la nuit" ?

Madeleine Riffaud : Pendant que j’étais à la conférence de Paris en janvier 1973, ma mère est morte d'un cancer au cerveau. J'avais vu les infirmières capables de faire ce que je ne savais pas faire, l’apaiser, lui donner le confort dont elle avait besoin, et la certitude qu’elle ne serait pas abandonnée. Moi je n’en étais pas capable. Je suis effrayée par les malheurs qui arrivent en temps de paix. En temps de guerre, c’est un malheur collectif, mais quand on vit une guerre de poche, un malheur pour soi tout seul, c’est très dur. Alors je voulais rendre hommage à ces femmes-là, infirmières, filles de salles, je voulais leur régler ma dette. Et d'autre part, ce travail d'enquête en immersion dans le milieu hospitalier était une façon reprendre contact avec la réalité de mon pays, que je ne connaissais plus parce que j’avais vécu la vie de correspondant de guerre depuis trente ans, de palace en jungle, et de jungle en abri de béton. 

  • Une série d'entretiens réalisés par Ludovic Sellier
  • Réalisation Marie-Christine Clauzet
  • Première diffusion  août 1993
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Christine Goémé
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation