Catherine Sauvage répétant son récital à la Villa d'Este après 10 ans d'absence sur scène, à Paris, le 25 octobre 1965
Catherine Sauvage répétant son récital à la Villa d'Este après 10 ans d'absence sur scène, à Paris, le 25 octobre 1965
Catherine Sauvage répétant son récital à la Villa d'Este après 10 ans d'absence sur scène, à Paris, le 25 octobre 1965 ©Getty - Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images
Catherine Sauvage répétant son récital à la Villa d'Este après 10 ans d'absence sur scène, à Paris, le 25 octobre 1965 ©Getty - Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images
Catherine Sauvage répétant son récital à la Villa d'Este après 10 ans d'absence sur scène, à Paris, le 25 octobre 1965 ©Getty - Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images
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Résumé

Catherine Sauvage raconte son besoin d'être en accord avec ce qu'elle chante et avoue sa fierté concernant son parcours musical et théâtral, mais aussi ses désillusions à l'orée des années 70. Deuxième volet des trois entretiens menés par Emile Noël pour "Profils" en 1970, illustré de chansons.

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Catherine Sauvage (Chanteuse et actrice française).

En savoir plus

Dans le deuxième volet des trois entretiens menés par Emile Noël pour "Profils" en 1970, la chanteuse et comédienne Catherine Sauvage poursuit la radiographie de sa carrière débutée dans le Saint-Germain-des-Prés de l'après-guerre.

Catherine Sauvage chante dans toutes les nuances, dans toutes les couleurs, des plus douces, des plus subtiles, aux plus radicales et aux plus violentes. Elle chante et la comédienne qu'elle est, interprète ce qu'elle chante : "Tout ce que je raconte je le prends en charge que ce soient des révoltes ou des chansons d'amour, je me sens totalement solidaire de mes auteurs. Donc c'est un peu moi qui m'exprime à travers les auteurs."

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Mais elle dissocie sa conception de la chanson et du théâtre : "être comédienne, c'est être autre chose que ce qu'on est. Alors que dans le tour de chant, j'aime bien être moi." Planchon, Gignoux, Barsacq et Arout la mettent en scène : elle avoue la fierté de ce parcours théâtral.

La montée en puissance de l'industrie du disque l'agace : "Plus ça va, plus il y a des gens qui font des disques et d'autres qui font de la scène. Plus ça ira, plus le divorce sera évident. Moi ça m'est égal, si je ne suis pas millionnaire du disque dès l'instant que j'ai la possibilité de passer sur scène."

Elle qui n'a jamais tu ses révoltes, se dit irritée par la mode de la chanson engagée : "la chanson intellectuelle et la chanson engagée sont deux choses que je ne peux pas supporter. Pour moi, il y a de la bonne chanson et de la mauvaise chanson. Ce qui m'agace, c'est que la chanson engagée est devenue une mode."

Et les modes, elle tente d'y échapper : "Je pense être une chanteuse assez classique. Je suis une chanteuse de fond, pas de vitesse. Les disques que j'ai enregistrés il y a dix ans peuvent très bien se vendre maintenant."

Si l'agressivité l'accompagne sur scène quand elle est jeune, sa quête de la sérénité et du détachement lui permet au fil des ans de varier son répertoire et d'enrichir son jeu : "Plus ça va, plus j'essaie d'avoir le plus de couleurs possibles, de faire les choses le plus variées possible."

Au fil des ans, se sont aussi envolées les espérances de sa jeunesse nées au lendemain de la guerre : "Plus ça va, plus je crois à moins de choses. Je ne crois pas qu'on puisse changer les choses. Je crois que c'est à l'intérieur de soi qu'il faut changer les choses."

  • Par Emile Noël
  • Réalisation : Claude Mourthé
  • Profils - Catherine Sauvage 2/3 (1ère diffusion : 19/01/1970)
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • Archive Ina-Radio France
Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Mathias Le Gargasson
Production déléguée