Beate Klarsfeld
Beate Klarsfeld ©AFP - JOEL SAGET
Beate Klarsfeld ©AFP - JOEL SAGET
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En 2002, dans les deux derniers épisodes d’une série d’entretiens accordés à Katharina Von Bulow pour "A voix nue", Beate Klarsfeld racontait quelques étapes essentielles de ses luttes pour faire juger les criminels nazis restés impunis et leurs prolongements contemporains.

Avec
  • Beate Klarsfeld militante anti-nazie, travaillant pour la mémoire de la Shoah

Dans ses Mémoires, Beate Klarsfeld raconte que, peu avant l’élection de Georg Kurt Kiesinger, ancien haut-fonctionnaire du parti Nazi, au poste de chancelier de l’Allemagne fédérale en décembre 1966, elle se souvint des mots de l’un des derniers tracts distribués en 1943 à Munich par Hans et Sophie Scholl, fondateurs du mouvement de résistance « La Rose blanche » : « Une fois la guerre finie, il faudra par souci de l’avenir châtier durablement les coupables pour ôter à quiconque l’envie de recommencer jamais pareille aventure… ». 

Après avoir publiquement giflé le chancelier Kiesinger en novembre 1968, Beate, aux côté de son mari Serge Klarsfeld, mena dans les années 1970 plusieurs campagnes pour faire juger les criminels nazis restés impunis. Le procès de Cologne à l’issue duquel furent condamnés en 1979 trois anciens hauts responsables de la police de sécurité nazie - Kurt Lischka, Herbert Hagen et Ernst Heinrichsohn – puis le procès de Klaus Barbie à Lyon en 1987, furent deux des aboutissements de ce combat mené aux quatre coins du monde. 

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Il faut comprendre ces mères juives qui avaient perdu leur enfant, elles savaient ce qu'était la souffrance. Un criminel nazi ? Voilà ce que je dis quand on me dit "il faut pardonner". Mais pourquoi ? Les criminels nazis comme Lischka ou Hagen avaient une vie merveilleuse après la guerre, ils avaient leur famille, ils avaient leurs enfants à côté d'eux. Mais Madame Benguigui qui est venue avec moi en Bolivie elle n'a pas eu ses enfants auprès d'elle après la guerre, elle n'a pas eu son mari, donc ces femmes ont souffert. Toute leur vie, c'était dans leur tête de ne pas voir les enfants grandir et ça c'était de la vraie souffrance. 

En 2002, dans les deux derniers épisodes d’une série d’entretiens accordés à Katharina Von Bulow pour "A voix nue", Beate Klarsfeld racontait quelques étapes essentielles de ces luttes, et leurs prolongements contemporains. 

  • Production : Katharina von Bulow 
  • Réalisation : Dominique Costa
  • A voix nue - Beate Klarsfeld : Parties 4 et 5/5 - 1ère diffusion : 06/06/2002
  • Indexation web : Documentation Sonore de Radio France

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