Les révoltes en prisons partent le plus souvent d'événements collectifs, comme la nourriture servie, mais aussi de cristallisations autour d'individus
Les révoltes en prisons partent le plus souvent d'événements collectifs, comme la nourriture servie, mais aussi de cristallisations autour d'individus  ©AFP - LEON NEAL
Les révoltes en prisons partent le plus souvent d'événements collectifs, comme la nourriture servie, mais aussi de cristallisations autour d'individus ©AFP - LEON NEAL
Les révoltes en prisons partent le plus souvent d'événements collectifs, comme la nourriture servie, mais aussi de cristallisations autour d'individus ©AFP - LEON NEAL
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La prison, ses combines, sa violence, son racisme, le désœuvrement, la frustration, les humiliations mais aussi la camaraderie, les indéfectibles amitiés.

Tu es constamment humilié par les matons, qui te font bien voir que tu n'es rien, qu'eux, ils ont le pouvoir, qu'ils tiennent ta vie entre leurs mains, que si jamais tu rébellionnes ou tu ouvres ta gueule, hé bien... on te l’écrase.

Les gens ont rien à foutre, ils s'emmerdent tellement que, pour se défouler, ils se battent. Quand tu es là-dedans, même si tu n'es pas violent, tu le ressors. Tu as tellement besoin de t'aérer, d'expulser ce que tu as en toi, même si tu n'es pas violent, tu le deviens et tu te bagarres. Tu es forcé de le faire un jour ou l'autre, pour des bagatelles en plus, pour rien... souvent pour rien.

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Entre les matons et nous, il y a une barrière, il n'y a pas de communication possible, l'administration pénitentiaire fait tout pour créer une barrière, alors qu'au contraire, tout pourrait nous rapprocher, ils sont aussi victimes de nous que nous de... de certaines choses quoi.

Si on doit analyser le résultat des révoltes dans les prisons, on peut dire que, si elles ont abouti, bien que d'une manière très limitée, ce n'est que parce que la situation politique générale s'y prêtait. C'est-à-dire, je pense que des révoltes en prisons ne peuvent pas aboutir s'il n'y a pas un soutien de l'extérieur, s'il n'y a pas une correspondance avec des luttes qui se mènent dehors. 

Anne Scee, productrice, mais aussi témoin dans cette émission, parle de son expérience de détenue dans les prisons espagnoles d'un Franco agonissant, une expérience qu'elle a consignée dans ses cahiers de prisons. 

Dans le troisième volet de cette série, on la retrouve avec Chantal qui fut sa camarade de détention. Mais aussi au travers de témoignages de détenus, d'anciens détenus, d'avocats, d'un aumônier et d'un ancien directeur de la prison de la santé. Découvrez ce qu'était au quotidien la vie en prison et la vie après la prison en 1988. 

Nuits magnétiques - Scènes de la vie carcérale 3/5 (1ère diffusion : 15/03/1979)

Par Anne Scee et Laurent Danon-Boileau - Réalisation Bruno Sourcis

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