Photo tirée de l'exposition "On the road" à Lowell, ville de naissance de Jack Kerouac.
Photo tirée de l'exposition "On the road" à Lowell, ville de naissance de Jack Kerouac.
Photo tirée de l'exposition "On the road" à Lowell, ville de naissance de Jack Kerouac. ©Maxppp - Dominic Chavez /Landov
Photo tirée de l'exposition "On the road" à Lowell, ville de naissance de Jack Kerouac. ©Maxppp - Dominic Chavez /Landov
Photo tirée de l'exposition "On the road" à Lowell, ville de naissance de Jack Kerouac. ©Maxppp - Dominic Chavez /Landov
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Résumé

Une des significations du mot "beat" relève de la béatitude. Jack Kerouac eut deux influences religieuses majeures, l’une catholique et l’autre bouddhiste comme on l’apprend dans ce troisième temps des "Chemins de la connaissance" consacré à la Beat Generation.

avec :

Bertrand Agostini (Professeur poète spécialiste de Jack Kerouac), Yves Le Pellec (Écrivain et universitaire (1945-1999)).

En savoir plus

Dans cette troisième partie de la série “Sur la piste de Kerouac” diffusée en 1988, en compagnie des professeurs et traducteurs Yves Le Pellec et Bertrand Agostini, il est question d'une autre signification du mot “beat”, non plus orientée vers la tristesse et l’amertume mais vers la béatitude. Même si Jack Kerouac à partir de 1954 se tourne vers le bouddhisme dans sa quête de la vérité, il reste "profondément et fondamentalement un catholique". C’est un catholicisme qui lui vient de son enfance, dans une famille franco-canadienne très croyante, marquée par la mort, à l’âge de 7 ans, de son frère considéré comme un  "saint ", un "ange". Sa mère a eu une forte influence aussi en jouant à la fois un rôle culpabilisant et un rôle de refuge dans la vie de Kerouac. Yves Le Pellec définit ainsi la relation ambiguë du poète à la religion catholique :

"C’est un catholique fervent, c’est un catholique convaincu mais c’est aussi dans son esprit un catholique déchu. Et c’est pourquoi il va espérer cette libération avec l’accès au bouddhisme. "

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Le bouddhisme, que Kerouac a embrassé après avoir fait beaucoup de recherches et avoir compilé une grande connaissance sur cette religion, lui apporte une certaine béatitude dans son rapport solitaire et méditatif avec la nature et lui permet d’échapper à la culpabilité pesante du catholicisme. Mais ce n’est qu’un répit pour lui.

Allen Ginsberg, à l’inverse de Kerouac, a su évoluer très favorablement face à ses problèmes d’identité de jeune homme flamboyant mais tendu et agressif, en devenant un pratiquant très sincère et sérieux du bouddhisme, devenant même un maître dans ce domaine sans renier l’importance de la poésie, les deux étant liés pour lui. Kerouac, lui, n’a pas su trouver cet équilibre, cette harmonie intérieure nourrissant son écriture. Et ses écrits redeviennent torturés. Bertrand Agostini conclut ainsi cette troisième émission sur les conflits en jeu dans la personnalité de Kerouac :

" Kerouac n’a jamais accédé à une réelle maturité. Son œuvre est toujours une œuvre en gestation. On ne peut pas dire que ses romans soient des romans finis, terminés. Tout dans son œuvre montre que le personnage a des côtés un peu adolescents. Cette quête d’identité, Kerouac jusqu’à sa mort, n’a jamais pu la résoudre. "

À lire aussi : Portrait d’Allen Ginsberg en poète bouddhiste

  • Par Gilles Farcet
  • Réalisation Marie-France Nussbaum
  • Les chemins de la connaissance - Sur la piste de Kerouac : 3ème partie, La béatitude beat
  • Avec la voix de Jack Kerouac lisant un extrait de son roman Doctor Sax et des lectures par Philippe Bories
  • 1ère diffusion : 01 /06/1988
Références

L'équipe

Antoine Dhulster
Production déléguée
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Anne de Biran
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Mathias Le Gargasson
Production déléguée