Jean-Pierre_Beauviala à la Cinémathèque française le 21 janvier 2008 - Romanceor
Jean-Pierre_Beauviala à la Cinémathèque française le 21 janvier 2008 - Romanceor
Jean-Pierre_Beauviala à la Cinémathèque française le 21 janvier 2008 - Romanceor
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Résumé

Dans le second volet de ce diptyque, la parole sera aux utilisateurs des machines de cinéma Aaton : cinéastes et amis fidèles comme Raymond Depardon et Eliane Delatour, directeurs de la photographie comme Agnès Godard, ou encore ingénieurs du son avec Claudine Nougaret.

avec :

Jean-Pierre Duret (Cinéaste, ingénieur du son et directeur de la photographie), Eric Gautier (Chef opérateur), Jean-Paul Fargier (Cinéaste, critique de cinéma), Renato Berta, Agnès Godard, Caroline Champetier (Directrice de la photographie), Claudine Nougaret (ingénieur du son, productrice), Jean-Luc Godard (Réalisateur), Raoul Coutard (réalisateur).

En savoir plus

Première diffusion le 3 octobre 2007

Il s'agit de l'évocation, avec Jean-Pierre Beauviala, à travers ses recherches techniques aventureuses, de son histoire de cinéma, ou comment cet aventurier des caméras a donné la possibilité aux équipes de tournage de sortir plus facilement hors des murs des studios, et de filmer seul ou presque avec des caméras plus légères et plus maniables.

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Grâce à ses innovations techniques - de la caméra "chat sur l’épaule" au marquage en clair du temps sur la pellicule et sur la bande-son ; de la caméra vidéo baptisée "Paluche" au principe des 3 Perfs, à la "Caméra Brousse" -, une autre façon de filmer s’est imposée. Et ce, pour le documentaire ou la fiction : c’est ce qui a changé notre rapport à l’image, ainsi que la façon d’utiliser nos caméscopes de famille.

Avec

  • Jean-Pierre Beauviala, ingénieur et créateur des caméras légères Aaton
  • Martine Bianco, collaboratrice de Aaton
  • Eliane de Latour, Raymond Depardon, Jean-Luc Godard, Jean-Paul Fargier, réalisateurs
  • Agnès Godard, Caroline Champetier, Renato Berta, Eric Gautier, Raoul Coutard, directeurs de la photographie
  • Claudine Nougaret, Jean-Pierre Duret, Olivier Hespel, Jean-Claude Laureux, ingénieurs du son

Second épisode : Citizen Beauviala, gestes et outils

Début 1978, Les Cahiers du Cinéma avaient consacré quatre numéros successifs (n° 285, 286,287, et 288) au récit de son expérience par Jean-Pierre Beauviala. Dans la même revue des entretiens entre Jean-Pierre Beauviala et Jean-Luc Godard avaient été publiés durant l’été 1983.

59 min

Beauviala architecte

Au regard de ceux qui l'ont connu et avec qui il a travaillé, Jean-Pierre Beauviala n'est pas que technicien, il pense la gestuelle des utilisateurs dans la fabrication de ses objets et leur donne vie dans un souffle quasi architectural.

"C'est un architecte. Au départ, il a eu ce rêve d'un lieu de travail un peu radieux, où les gens puissent aller au travail contents, être regardés par les passants en train de travailler, de faire leur savoir artisanal. Parce que cette entreprise Aaton et les objets qu'elle fabrique sont, de fond en comble, un travail artisanal. Aujourd'hui, dans les produits commercialisés en grandes masses, on n'a plus du tout accès aux fabricants. Si quelque chose ne marche plus, en général, on jette. On n'a plus aucun pouvoir sur notre chair, notre machine, sur ce qu'on possède. Et là, la relation est extrêmement facile, d'autant plus qu'ils cultivent cette relation au client, on peut contacter n'importe quel ingénieur." Jean-Pierre Duret

Architecte dans les mots de Jean-Pierre Duret, il est inventeur pour Raymond Depardon : "Jean-Pierre est un inventeur et c'est assez rare qu'on ait un inventeur comme ça. Je bidouille en photo, mais je n'ai pas un inventeur sous la main. Et c'est ça qui est formidable dans le domaine du cinéma et qui a peut-être contribué à ce que j'ai continué à faire des films, ou du moins que j'ai toujours fait des films un peu à part."

Caroline Champetier, directrice de la photographie, dépeint toute l'élégance et la veine artistique qui accompagnait Jean-Pierre Beauviala dans la construction de ses machines : "Je crois que ce qui est beau, c'est que c'est un artiste. C'est quelqu'un qui a dévié, qui aurait sans doute pu être un architecte, un constructeur. Et puis qui a focalisé quelque chose de sa recherche, de son travail inventif sur des objets qu'il amène, qu'il apporte aux autres. Sans oublier, je dirais, son propre chemin. Et ces objets-là ont une étonnante particularité, c'est qu'ils font partie du monde de façon artistique, gracieuse, politique."

59 min

Principe politique et "pensée du geste"

Beauviala ne se contente pas de "fabriquer" ses objets, il les pensent, pour lui, pour le cinéma, pour ceux qui les utiliseront. La complexité des machines n'entache en rien sa prise en compte du monde et des autres utilisateurs pour Caroline Champetier qui parle d'une "sorte de pensée écologique. Le mot est un peu réducteur. Il y a une sorte de pensée du monde dans ses objets. Je crois que ce qui est remarquable, c'est effectivement d'arriver à fabriquer des outils aussi complexes que des caméras, que des enregistreurs, que des marqueurs de temps, en pensant aux gestes qui vont les embrasser en quelque sorte. Il ne fabrique pas simplement un produit, Jean-Pierre. Il fabrique quelque chose qui est unique, qui est une pensée du geste, du sien, et du geste de celui qui va utiliser l'outil."

Il est à l'origine de la caméra Paluche qu'il décrit comme "la première caméra film qui avait une caméra vidéo incorporée." Elle permet d'avoir un point de vue depuis la main, et donne la possibilité de "se balader le long des gens". La naissance de cette caméra part d'un "principe politique" voulu par le technicien, celui de "rendre tout de suite l'image aux gens".

Grâce à l'élaboration d'un nouveau système interne de déviation de la lumière envoyé vers le viseur vidéo, les images sont immédiatement visibles. "Quand on filmait dans des pays lointains, on ne volait pas les images puisqu'on les enregistrait aussi sur un petit magnétoscope et on pouvait montrer aux gens ce qu'on avait fait avec leur image." Selon le technicien, ce principe n'est plus à jour dans la production d'images : "Ce n'était pas du tout ce que c'est devenu. Maintenant, c'est devenu un contrôle permanent. [...] On fait du cinéma, la beauté du cinéma c'est justement laisser à la magie la postproduction et on fait tout dans l'animalité. Là pas du tout, on redonne la froideur vidéo aux caméras de cinéma." Jean-Pierre Beauviala

  • Par Yaël Mandelbaum et Julien Marrant
  • Réalisation Manoushak Fashahi
  • Surpris par la nuit - Jean-Pierre Beauviala 2/2

Pour retrouver le premier épisode de ce dyptique ⬇️

1h 20
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée