Joris Ivens sur le tournage de "L'inoubliable" (1971)
Joris Ivens sur le tournage de "L'inoubliable" (1971)
Joris Ivens sur le tournage de "L'inoubliable" (1971) - NOS via WikiMediaCommons
Joris Ivens sur le tournage de "L'inoubliable" (1971) - NOS via WikiMediaCommons
Joris Ivens sur le tournage de "L'inoubliable" (1971) - NOS via WikiMediaCommons
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Résumé

Considéré comme l’un des plus grands documentaristes du siècle précédent, Joris Ivens a passé sa vie à aller à la rencontre des "points névralgiques de l’histoire". Ses films continuent de nous émerveiller parce que, plus qu’un militant, il est d’abord un poète qui filme les espoirs des hommes.

avec :

Claude Brunel (enseignante et cinéaste, elle a coordonné la rétrospective consacrée à Joris Ivens à la Cinémathèque française en 1983.), Jean-Pierre Thorn (cinéaste.), Dominique Noguez (Ecrivain français (1942-2019)), Jean Bigiaoui (a collaboré à la réalisation de Comment Yukong déplaça les montagnes.), Marceline Loridan-Ivens (réalisatrice et écrivaine. Ancienne déportée à Birkenau. (1928-2018)), Costa-Gavras (Cinéaste).

En savoir plus

Les aventures de Joris Ivens commencent un peu avant ses premiers films, à Berlin, alors qu’il est étudiant. Il y découvre l’avant-garde et, par opposition au cinéma de "la Grande Industrie", il est convaincu que le cinéma doit montrer la réalité telle qu’elle est.

Invité par le cinéaste soviétique Poudovkine, il se rend en URSS, où il part filmer le communisme naissant. À son retour, il décide de mettre sa caméra au service des mineurs belges qui, dans la région du Borinage, viennent de perdre une grève aux répressions cruelles.

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Trop, c’est trop : en Hollande, son pays d’origine, il est traité en agitateur de la révolution communiste. Banni parmi les siens, il accepte une proposition de partir aux États-Unis, où il s’installe pour dix ans. Décennie, une fois de plus, riche en aventures et en productions filmiques : durant cette période, il tente de convaincre les Américains de prendre parti pour l’armée républicaine espagnole, qu’il a filmée au front avec Hemingway, en pleine lutte contre les troupes de Franco ; il dénonce l’invasion japonaise en Chine ; il donne aussi à voir une ferme américaine avant l’arrivée de l’électricité, scène qui nous paraît aujourd’hui venue d’un temps immémorial, et la révolution qu’elle introduit dans ce quotidien rural.

C’est ensuite l’Indonésie, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine, le Vietnam, et encore la Chine. De ces périples, il tire des chefs-d’œuvre, Indonesia Calling (film quasi improvisé, dont l’importance fut capitale dans la lutte des Indonésiens pour leur Indépendance), À Valparaiso, Le 17e parallèle(récit de deux mois passés avec les Vietnamiens, où l’on voit leur détermination émouvante à gagner la guerre, leur ingéniosité, leur force) et Loin du Vietnam (film collectif réalisé pour dénoncer l’agression américaine), la série Comment Yukong déplaça les montagnes (douze films qui montrent la vie quotidienne des Chinois sous la révolution culturelle)… Avec, toujours, l’idée que la caméra est une arme qui participe directement à l’action.

Son œuvre pourtant ne se limite pas au cinéma militant : il est aussi l’auteur de « poèmes visuels » qui traduisent le même regard, celui d’un Hollandais qui, à travers ses films, cherche à rendre compte poétiquement des hommes et de la nature.

C’est la raison pour laquelle ses films peuvent nous éblouir aujourd’hui autant, plus peut-être, qu’hier. Joris Ivens nous fait découvrir l’histoire du siècle précédent du point de vue, d’ordinaire invisible, de celles et de ceux qui l’ont faite, qui ont lutté et travaillé pour la faire. Les événements historiques ont une substance humaine qui n’a pas échappé au regard de Joris Ivens ; c’est là sa force, et sa poésie.

Un documentaire d'Antoine Ravon réalisé par Ghislaine David. Prise de  son : Yves Lehors, Benjamin Chauvin, Sandrine Mallon . Mixage : Eric Boisset.  Documentation et liens internet : Annelise Signoret. Recherche Ina :  Hervé Evano.

Liens

Site de la Fondation européenne Joris Ivens basée à Nimègue (Pays-Bas). Site en anglais.

Biographie, filmographie sur Ciné-ressources, catalogue collectif des bibliothèques et archives de cinéma.

Biographie - et critiques de quelques films – proposés par le site du Ciné-club de Caen.

Les rêves des hommes : Joris Ivens. Portrait brossé par José Manuel Costa, responsable des archives à la cinémathèque de Lisbonne dans la revue Cinéma documentaire n°46.

Sur UbuWeb, site référence des avant-gardes, on peut télécharger 2 films de Joris Ivens : The Bridge (1927-1928) et Regen (1929).

La machine et le dragon dans le film Une histoire de vent, de Joris Ivens et Marceline Loridan (1988). Article de Rose-Marie Godier, Maître de Conférences, Université de Paris X, paru dans Entrelacs (2005).

Vivre dangereusement : une biographie de Joris Ivens. Le texte (anglais) de ce livre de Hans Schoots peut être télécharger ici en pdf.

  • Par Antoine Ravon 
  • Avec Marceline Loridan-Ivens, Costa-Gavras, Claude Brunel, Dominique Noguez, Jean-Pierre Thorn et Jean Bigiaoui 
  • Réalisation Ghislaine David
  • Une vie une oeuvre - Joris Ivens, caméra au poing 
  • 1ère diffusion : 31/03/2018
Références

L'équipe

Philippe Garbit
Philippe Garbit
Philippe Garbit
Production
Hassane M'Béchour
Collaboration
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Dans l'atelier de restauration de l'Ina, antenne Radio France
Albane Penaranda
Production déléguée
Virginie Mourthé
Réalisation
Mathilde Wagman
Production déléguée